VRILLE

Prononciation : vri-ll', ll mouillées, et non vri-ye
Nature : s. f.

1Outil de fer terminé par une espèce de vis, qui sert à percer le bois.
J'ai trouvé la vrille ordinaire, celle qui est terminée en vis conique et produit une poussière semblable à la sciure, dans les dessins des anciens manuscrits d'Hésiode , MONGEZ , Instit. Mém. hist. et litt. anc. t. III, p. 56 Voleur à la vrille, voleur pénétrant dans les maisons en pratiquant aux volets une ouverture carrée à l'aide de quatre trous de vrille entre lesquels il fait jouer une scie très fine. Des yeux percés en vrille, de petits yeux que l'on compare à une ouverture faite avec la vrille.
2Terme de botanique. Production filamenteuse en forme de tire-bouchon, au moyen de laquelle les plantes grimpantes et sarmenteuses s'attachent aux corps qui les environnent.
Le lierre étend ses bras ; la vigne qui serpente Montre ses fruits de pourpre et sa vrille grimpante , DELILLE , Parad. perdu, VII
XIVe s.
À l'aide d'un sisel de fer et d'une viille de tonnelier , DU CANGE , vigilia.
Comme l'uis de la chambre eust esté percié en deux lieux, au droit du perle [pêne], d'une visle à percier vin... , DU CANGE , ib.
Un foret ou veillette , DU CANGE , ib.
Pertuis que tu feras d'une bien deliée villette , Modus, f° CXX
Origine incertaine. Diez le tire du latin veru, broche, disant qu'il est pour verille, et le fait est que Richelet nomme varilles les vrilles de la vigne ; d'après cela le sens de foret serait le premier, et celui de main de la vigne serait secondaire. Au contraire, Scheler est porté à croire que le sens de main de vigne est le primitif, et à le rapporter à un radical germanique vrig ou vric qui signifie chose tournée, tortue. M. Brachet, dans son Dict. étym., le tire de vericula, dérivé de vericum qui se trouve dans du Gange, et qui vient de veru. Mais ce qui complique la question, c'est que la forme primitive paraît n'avoir pas d'r, viile, visle, veille. Dans l'état actuel, il est impossible de se prononcer. VRILLE. - ÉTYM. Ajoutez : Le Dictionnaire, établissant que la forme primitive est viille, visle, veille, s'en sert pour rejeter les étymologies proposées et ne conclut pas. Mais M. Bugge, Romania, n° 10, p. 160, pense que viille répond précisément au latin viticula (comp. cheville, lat. clavicula), petite vigne, cirre de la vigne, diminutif de vitis, vigne. L'épenthèse de l'r a ses analogies dans fronde pour fonde, franfreluche pour fanfelue, fringale pour faim-valle. Il ajoute qu'il faut accepter comme signification primaire de vrille, cirre de la vigne. La démonstration de M. Bugge est pleinement satisfaisante. Remarquons que le lat. vitis a donné le français vis, qui signifie un instrument à hélice et autrefois un escalier tournant.