VICAIRE

Prononciation : vi-kê-r'
Nature : s. m.

1Celui qui est adjoint à un supérieur pour le remplacer en certaines fonctions.
Les comtes assemblaient les hommes libres et les menaient à la guerre ; ils avaient sous eux des officiers qu'ils appelaient vicaires , MONTESQ. , Esp. XXX, 17
Il [Boniface VIII] fait venir en Italie ce Charles de Valois, et le nomme vicaire de l'empire en Toscane , VOLT. , Ann. Emp. Albert I, 1300
L'archevêque de Guesne, primat de Pologne, vicaire du royaume dans les interrègnes, et la première personne de l'État après le roi , VOLT. , Charles XII, 2 Terme d'antiquité. Gouverneur d'un diocèse, qui exerçait son autorité au nom des préfets du prétoire. Nom que l'on donnait autrefois au champion qui, dans le combat singulier, se battait pour un autre. On donnait aussi ce nom à celui qui subissait pour un autre l'épreuve de l'eau froide, de l'eau bouillante, etc.
2Ecclésiastique qui assiste un évêque ou un curé dans ses fonctions.
Réunissant M. Gâtier avec M. Gaime, je fis de ces deux dignes prêtres l'original du vicaire savoyard ; je me flatte que l'imitation n'a pas déshonoré ses modèles , J. J. ROUSS. , Conf. III Grand vicaire ou vicaire général, celui qui représente l'évêque dans l'administration ecclésiastique.
Fléchier ne profita pas de ce délai, comme beaucoup d'autres auraient pu faire, pour se dispenser d'aller résider dans son diocèse ; il partit pour Lavaur, et y travailla jusqu'à l'arrivée de ses bulles, sous le titre modeste de vicaire général du chapitre , D'ALEMB. , Élog. Fléch. note 10
Se dit aussi des curés qui desservent les cures dépendantes d'un chapitre, d'une abbaye, ou d'un prieuré, et qui ne reçoivent pour cela que la portion congrue.
3Dans l'Église catholique, le vicaire de Jésus-Christ, le pape. Vicaire apostolique, titre que le pape confère à un ecclésiastique, dans des pays hérétiques ou infidèles, pour veiller sur la religion. À Rome, cardinal-vicaire, le cardinal à qui le pape a confié particulièrement l'administration ecclésiastique de la ville de Rome. Vicaire perpétuel, titre que s'attribuent certains archevêques, en le considérant comme synonyme de légat. 4Dans certaines communautés, le père vicaire, le vicaire général, le religieux, qui, en l'absence du supérieur, en fait les fonctions.
Il se servit, pour cet effet, du vicaire général des Augustins, qui lui était très confident , RETZ , Mém. t. II, liv. III, p. 225, dans POUGENS
5Adj. Terme de théologie. Satisfaction vicaire, celle que le Sauveur a offerte à Dieu en notre lieu et place. Le curé ne chante pas mieux que son vicaire, se dit quand on n'obtient pas plus d'un personnage puissant que de son subordonné. XIIe s.
Plus est ferms que la piere qui siet sur vive mole, Vicaires est saint Piere.... , Th. le mart. 86
XIIIe s.
Li fust li roiaumes donnés, Dont il fu puis rois couronnés, Et vicaires de tout l'empire , la Rose, 6760
XVe s.
Prestre fermier ou vicaire de l'eglise parrochial dudit Croissy , DU CANGE , vicarius.
XVIe s.
Il se faut contenter de ce gros latin de vicaire, duquel use M. le convertisseur en disputant , D'AUB. , Conf. II, VIII
Provenç. vicari ; espagn. vicario ; portug. vigairo ; ital. vicario ; du latin vicarius, qui vient de vix, vicis, tour, alternative (voy. VICE 2). Vicarius avait aussi donné viguier.