VAUTRER

Prononciation : vô-tré
Nature : v. a.


Chasser avec le vautrait et mâtins , MASSÉ , 1766, Dict. des eaux et for.
Vautre. 1Rouler dans la boue.
Il l'a gourmé et l'a vautré dans la boue , RICHELET , Par extension.
Lorsqu'il est vautré dans son lit , GALIANI , Corresp. t. I, p. 228, dans POUGENS
2Se vautrer, v. réfl. S'enfoncer, se rouler dans la boue.
Il [un sanglier] s'y vautre sans cesse, et chérit un séjour Jusqu'alors ignoré des mortels et du jour , LA FONT. , Adonis. Par extension, se vautrer sur un lit, sur l'herbe.
Et le grison se rue Au travers de l'herbe menue, Se vautrant, grattant et frottant, Gambadant, chantant et broutant , LA FONT. , Fabl. VI, 8
Fig. Se vautrer dans le vice, dans la débauche, dans les voluptés, s'y abandonner entièrement.
Violant toutes sortes de lois, se vautrant, comme des pourceaux, dans toutes sortes d'ordures , MURET , Cérém. fun. p. 226, dans POUGENS
XIIe s.
Li sors Geris le destrier pormena ; Trois fois se viutre, sor lez piés se dreça ; Si fort heni que la terre sonna , Raoul de C. 133
XIIIe s.
Entor le fou [fouteau, hêtre] a fet la tresche ; Puis se coucha sur l'erbe fresche ; Vostrez s'i est et refroidiez , Ren. 7199
Par terre se voltrent et hercent Si durement que les piax percent ; à dens agues se detrenchent , ib. 12933
Nature qui est de vin gloute [gloutone], De legier en pechié se voutre , Guersai
XVe s.
À la septiesme course, au joindre des lances, le destrier de messire Enguerrant se voistra , J. de Saintré, ch. 36
XVIe s.
Tousjours se vaultroit par les fanges , RAB. , Garg. I, 11
Je me suis vaultré six ou sept tours parmi le lict, devant que me lever , RAB. , I, 21
Que me veulx tu donner ? et je me voystrerai despuis le coupeau de ceste montaigne jusques à terre , PALSGRAVE , p. 771
Faire eriger ce tombeau superbe de marbre à ses pauvres os [de Lautrec], qui trainoient et vautroient miserablement et chestivement en une cave où ses gens l'avoient enterré sans aucune forme de pompe funebre , BRANT. , Capit. franç. t. I, p. 169
Je hais qu'on nous ordonne d'avoir l'esprit aux nues, pendant que nous avons le corps à table ; je ne veulx pas que l'esprit s'y cloue, ny qu'il s'y veautre , MONT. , IV, 295
Diez le tire du latin volvere, rouler, par l'intermédiaire d'une forme voltulare, qui est dans l'italien voltolare. Mais les formes viutrer, voitrer vont mieux au latin veltris, vautre (voy. ce mot) qui est un chien qui va dans la fange comme le sanglier.