VASE

Prononciation : va-z'
Nature : s. f.

1Limon déposé au fond des étangs, des fossés, des rivières, de la mer.
La mer transporte aujourd'hui ses vases avec les dépouilles des coquillages actuellement vivants, comme elle a autrefois transporté ces mêmes vases avec les dépouilles des coquillages alors existants , BUFF. , 3e ép. nat. Oeuv. t. XII, p. 152
Cette espèce de mugissement que poussent les butors en enfonçant leur bec dans la vase des marais , BUFF. , Ois. t. IV, p. 285
Les gaz hydrogènes connus sous le nom de gaz inflammables se trouvent naturellement dans les vases des eaux bourbeuses et des marais , BRISSON , Traité de phys. t. II, p. 70
2En termes de mer, fond de vase, fond où l'ancre s'arrête difficilement.
Nous mouillâmes dans la baie de Montevideo par quatre brasses d'eau, fond de vase molle et noire , BOUGAINV. , Voy. t. I, p. 24
Là, échoués sur une vase molle, les navires peuvent se livrer sans inquiétude à toutes les réparations dont ils ont besoin , RAYNAL , Hist. phil. XIII, 9
XVIe s.
Lanoue avec ses gens de cheval fit une charge de 300 pas dans les vases de la mer retirée , D'AUB. , Hist. II, 43
La seche.... estant cachée dans le sable ou dans la vase , MONT. , II, 170
Norm. gaze ; portug. vasa ; du néerland. wase ; anglo-sax. vase, boue. 1. VASE, s. f. Ajoutez : 2Ver de vase, voy. VER, n° 14, au Supplément. 1Sorte de vaisseau destiné à contenir des liqueurs, des fruits, des fleurs, des parfums. Vase d'or, d'argent, de cristal, d'argile, de porcelaine.
L'emploi des vases avec lesquels les anciens construisaient des voûtes cent fois plus légères que les nôtres et aussi durables , MONGEZ , Instit. Mém. litt. et beaux-arts, t. I, p. 528
L'usage où furent les Grecs de placer des vases résonnants dans leur théâtre, usage dont Vitruve est le seul témoin , MONGEZ , ib. t. v, p. 122 Vase étrusque, se dit de certains vases de terre, colorés de rouge, de noir et quelquefois de jaune et de blanc que l'on trouve en Italie dans des tombeaux. On dit plutôt aujourd'hui vases grecs, parce qu'ils ne sont pour la plupart que des imitations de modèles grecs, ou vases peints, parce qu'ils portent des sujets peints en noir ou rouge sur fond jaune, ou en rouge ou jaune sur fond noir. Il se dit aussi de certains vaisseaux de forme élégante qui servent d'ornement dans les jardins, dans les palais, etc. Des vases de porphyre.
On juge de la beauté d'un vase par son profil et ce qu'on appelle son galbe , BOUTARD , Dict. des arts du dessin, Vase.
Terme d'architecture. Vases d'amortissement, ceux qui terminent la décoration des façades.
2Vases sacrés, voy. SACRÉ. Vase de sang, petit vase plein d'une matière rougeâtre qu'on trouve près de certaines tombes chrétiennes dans les catacombes de Rome, qu'on a cru être la marque de la tombe d'un martyr, et qui paraît n'être qu'une relique mise comme telle auprès d'un tombeau quelconque de chrétien. 3Terme de physique. Principe des vases communiquants, principe d'hydrostatique : lorsqu'un liquide pesant est en équilibre dans deux vases qui communiquent, la pression sur une même couche horizontale est la même dans les deux vases. Vase de Mariotte, appareil employé pour obtenir au moyen de la pression atmosphérique un écoulement constant. 4Terme de jardinage. Forme donnée à certains arbres ; le vase a une tige très courte de 0m, 15 à 0m,20 au plus, d'où partent plusieurs ramifications qui sont dirigées circulairement. La forme de vase est donnée aussi aux arbres à haute tige ; alors la forme en vase commence environ à 2 mètres du sol. Il s'est dit aussi de la corolle de certaines fleurs.
Aussi est-elle [une tulipe] nuancée, bordée, huilée, à pièces emportées ; elle a un beau vase ou un beau calice : il la contemple, il l'admire , LA BRUY. , XIII
5Fig. Terme de dévotion. Vase d'élection, vase d'élite, celui qui est choisi de Dieu.
C'est l'humilité qui nous rend capables de posséder Dieu, d'être des vases d'élection propres à contenir les dons de Dieu , BOURDAL. , Annonciat. de la Vierge, Myst. t. II, p. 64
Ce furent là les premières bénédictions dont le ciel prévint notre vase d'élite [notre saint] , MASS. , Panégyr. St Bern. Vase de miséricorde, de pureté, celui qui est rempli de miséricorde, de pureté ; vase de colère, celui sur qui s'appesantit la colère de Dieu.
Qui peut se plaindre de Dieu [comparé à un potier], si, voulant montrer sa colère et faire connaître sa puissance, il supporte avec une patience extrême les vases de colère destinés à périr, afin de faire paraître les richesses de sa gloire sur les vases de miséricorde qu'il a préparés pour la gloire ? , SACI , Bible, St Paul, Épît. aux Rom. IX, 23
6Terme d'architecture. Vase de chapiteau, la masse du chapiteau corinthien qu'on orne de feuillages et de volutes. Terme de serrurerie. Ornement en cuivre ou en fer que l'on rapporte par le haut d'un pilastre de rampe. Partie en forme de poire faite ou rapportée au bout d'un croissant de cheminée. Petit profil en forme de vase qu'on fait au haut et au bas d'une fiche. 7Vase jacqueline, vase à puiser, coquille univalve. 8Petite constellation méridionale qu'on appelle plus souvent la Coupe. XVIe s.
Comme l'eau que l'on transvase, qui toujours coule, et s'accomode à la façon et figure des vases et lieux qui la reçoivent , AMYOT , Comm. disc. le flatt. 14
Nous diviserons le potager par piancnes, couches, quarreaux, vazes, diversement nommés, pour, commodement et sans confusion, y loger la potagerie, selon leurs especes , O. DE SERRES , 505
Au vase estroit maintenant je ressemble, Qui, tout plain d'eau, goute à goute la rend , DESPORTES , les Amours d'Hippolyte, LVIII, Complainte.
Génev. vas, tonneau, vaisseau d'une église ; provenç. vas ; espagn. et ital. vaso ; du latin vas, qui se rapporte au sanscr. vas, habiter, vêtir ; le sanscr. vasanam signifie habitation et vase. Au XIVe siècle, la vase s'est dit pour l'épée, à cause que le latin vasa avait pris le sens d'armes.