VALLON

Prononciation : va-lon
Nature : s. m.

1Petite vallée, espace de terre entre deux coteaux.
Et déjà les vallons Voyaient l'ombre en croissant tomber du haut des monts , LA FONT. , Philém. et Baucis.
Tel en un secret vallon, Sur le bord d'une onde pure, Croît, à l'abri de l'aquilon, Un jeune lis, l'amour de la nature , RAC. , Athal. II, 9
Dans presque tous les vallons et les plaines basses, on ne manque guère de trouver de l'eau à une profondeur médiocre , BUFF. , Hist. nat. 2e disc. Oeuv. t. I, p. 171
Mon coeur, lassé de tout, même de l'espérance, N'ira plus de ses voeux importuner le sort ; Prêtez-moi seulement, vallons de mon enfance, Un asile d'un jour pour attendre la mort , LAMART. , Méd. I, 6 Fig. Ce triste vallon de pleurs, la terre, le monde où nous vivons.
Vous qui passez comme l'ombre Par ce triste vallon de pleurs, Passagers sur ce globe sombre, Hommes, mes frères en douleurs , LAMART. , Médit. II, 4
2Poétiquement. Le sacré vallon, le vallon situé entre les deux croupes du Parnasse, et qui, selon la Fable, était le séjour des Muses. On dit aussi : le double vallon.
Et, sans aller rêver dans le double vallon, La colère suffit et vaut un Apollon , BOILEAU , Sat. I
Fig. La poésie.
On dirait qu'ils ont seuls l'oreille d'Apollon, Qu'ils disposent de tout dans le sacré vallon , BOILEAU , Disc. au roi.
3Terme de commerce. Fers du vallon, fers supérieurs de la Côte-d'Or. Dérivé de val ; provenç. vallon, vallo ; ital. vallone.