veronique

Prononciation : vé-ro-ni-k'
Nature : s. f.

Genre de la famille des scrofularinées, où l'on distingue la véronique mâle, dite aussi thé d'Europe, veronica officinalis, L.
Le roi prenait depuis fort longtemps deux tasses de sauge et de véronique , SAINT-SIMON , 403, 252 Véronique femelle, nom d'une espèce de linaire, et aussi de la véronique petit chêne, veronica chamaedrys, L. Véronique des jardiniers, amourette, fleur de coucou ou lychnide des prés.
XVIe s.
Veronique, masle et femelle, different en ce que le masle a la fleur tendante à couleur rouge, et la femelle, à la jaune , O. DE SERRES , 623
Veronica n'est le nom, ni en grec ni en latin, de la plante, qui doit ce nom à sainte Véronique. Sainte Véronique n'est point une sainte, c'est le nom des portraits du visage de Jésus Christ, représentés sur un linge et semblables à celui que l'on conserve à Saint-Pierre de Rome. Suivant l'opinion ordinaire, veronica est formé de vera et du grec : vraie image. Mais M. Alfred Maury, remarquant que le mot devrait être, en cette hypothèse, vericona, dit (Croyances et légendes de l'antiquité, p. 334) que veronica est en grec, autre forme de Bérénice, mot transporté par altération à une, espèce d'éon dont les gnostiques donnèrent le nom à l'hémorroïsse de l'Évangile ; plus tard, quand vint la légende du saint suaire et de la sainte face, à laquelle cette hémorroïsse était mêlée, le jeu de mots se fit entre le grec et vericona, et l'on appela ce portrait véronique.
Véronique était devenu synonyme de portrait : Et disoit qu'il [Charles VIII] avoit le visage beau, doux et agreable, et l'accomparoit à un gentilhomme près de nostre maison, et disoit que c'estoit sa vraye semblance, en l'appellant souvent par ce mesme mot la veronique du petit roy Charles VIII , BRANT. , Capit. franç. t. I, p. 22