UNIFORME

Prononciation : u-ni-for-m'
Nature : adj.

1Qui a la même forme, où l'on n'aperçoit aucune variété, dont toutes les parties se ressemblent entre elles. Une plaine uniforme.
Nous devons à ses dignités [de M. le Tellier] ce caractère singulier d'une vie simple dans la sagesse.... uniforme dans ses conditions différentes , FLÉCH. , le Tellier.
Ceux qui décrivent les guerres des nations n'exposent-ils pas à nos yeux une suite uniforme de scènes meurtrières ? , BARTHÉL. , Anach. ch. 22 Style uniforme, style dont les détails, le ton, le mouvement manquent de variété.
Un style trop égal et toujours uniforme En vain brille à nos yeux, il faut qu'il nous endorme , BOILEAU , Art. p. I
Terme de mécanique. Le mouvement d'un point est uniforme, lorsque ce point parcourt, sur sa trajectoire, des espaces égaux dans des temps égaux, quels que soient ces temps. Terme de minéralogie. Structure uniforme, structure feuilletée d'une roche, lorsque les feuillets sont tous de même nature. Terme de botanique. Calathide uniforme, celle dans laquelle les fleurs sont toutes de la même forme.
2Égal, semblable, en parlant de choses que l'on compare.
Il est d'ailleurs constant par le témoignage uniforme de ce grand historien [Hérodote] et de Xénophon.... , BOSSUET , Hist. I, 7
Ce jugement et cette approbation uniforme de tant d'esprits, si discordants d'ailleurs.... , BOILEAU , Longin, Subl. v.
Avant que d'avoir pris les uniformes préjugés du monde, nous avons des manières uniformes de sentir et de voir , J. J. ROUSS. , Hél. I, 1
3Habit uniforme, habit fait suivant le modèle prescrit à un corps militaire, à une pension, à un collége.
Le jeu de cette comédie fut visible en ce que l'habit uniforme de capitaine de gendarmerie se trouva tout fait pour M. le Dauphin , SAINT-SIMON , 403, 263
Il est étrange qu'avant Louis XIV on ne connût pas les habits uniformes dans les troupes , VOLT. , Louis XIV, 29
Olympe quitta sa robe à l'anglaise et son chapeau, pour prendre l'habit uniforme de la maison , GENLIS , Veillées du château t. II, p. 406 On dit plutôt aujourd'hui : habit d'uniforme S. m. L'uniforme, habit d'une couleur et d'une forme particulières, par lequel sont distingués tous les hommes appartenant à un même corps et à un même grade dans ce corps. Par une ordonnance de 1717 les officiers mêmes sont obligés de porter constamment l'uniforme pendant qu'ils sont au corps, soit en marche, soit dans les garnisons.
Le 16, il [le czar Pierre Ier] vit la revue de la maison du roi ; la magnificence des uniformes parut lui déplaire , DUCLOS , Oeuv. t. v, p. 300
Fig.
Comment donc, lui dit le diable, vous frémissez ? ces ombres [de morts] vous font-elles peur ? que leur habillement ne vous épouvante point.... c'est l'uniforme des mânes , LESAGE , Diable boit. II, 1
Cette espèce [le merle de Madagascar], qui appartient à l'ancien continent, ne s'écarte pas absolument de l'uniforme de nos merles , BUFF. , Ois. t. VI, p. 100
Absolument, l'uniforme, l'habit militaire en général. Porter l'uniforme. Endosser l'uniforme. Fig. Quitter l'uniforme, se retirer du service militaire. Se dit aussi du costume attribué aux différents ordres de fonctionnaires publics, de l'habit des collégiens, etc.
XIVe s.
Mouvement uniforme , ORESME , Thèse de MEUNIER.
Lat. uniformis, de unus, un, et forma, forme.