TRAJET

Prononciation : tra-jè ; le t ne se lie pas ; au pluriel, l's se lie : des tra-jè-z incessants ; trajets rime avec t
Nature : s. m.

1Espace à traverser d'un lieu à un autre. Cette porte d'ivoire [pour les songes], toute belle et magnifique qu'elle est, ne donne passage qu'au mensonge, là où l'autre de corne, vile, obscure et grossière, sert de trajet à la vérité, Dial. d'Oratius Tubero, t. I, Lettre de l'autheur.
Le roi d'Angleterre est allé en Irlande.... si vous voulez lui rendre visite, il faut que vous passiez un trajet de mer , SÉV. , à Bussy, 16 mars 1689
Quoique le trajet de chez ma mère au couvent fût assez long, à peine fut-il prononcé quatre mots pendant qu'il dura , MARIV. , Marianne, 8° part.
De ce fleuve [le Cyrus] il ne fallait qu'un trajet par terre de cinq jours, pour aller au Phase qui conduisait dans le Pont-Euxin , MONTESQ. , Esp. XXI, 6
2Action de traverser l'espace d'un lieu à un autre. Le trajet est difficile. Notre trajet fut heureux. Fig.
Du souhait à la supposition le trajet est facile , J. J. ROUSS. , Ém. IV
3Terme d'anatomie. Trajet d'un nerf, d'un vaisseau, etc. étendue linéaire qu'il occupe. Ce nerf se ramifie plusieurs fois pendant son trajet. Terme de chirurgie. Le trajet d'une plaie, d'une fistule, etc., l'espace qu'occupe une plaie, une fistule dans l'intérieur des chairs. Lat. trajectus, de trajicere, traverser, de tra, au delà, et jacere, jeter. Le XVIe siècle employait trajetter, traverser, transporter.