TORTICOLIS

Prononciation : tor-ti-ko-li
Nature : s. m.

1Douleur inflammatoire ou rhumatismale qui a son siége dans quelques-uns des muscles du cou, et qui force le malade à tenir la tête inclinée en avant, sur l'un des côtés, ou en arrière, suivant les muscles affectés.
Je me porte mieux, ma très chère ; ce torticolis était un très bon petit rhumatisme ; c'est un mal très douloureux, sans repos, sans sommeil ; mais il ne fait peur à personne , SÉV. , 245 Familièrement, action de se tordre le cou.
Les amants dos à dos, aux deux bouts du logis, Ne peuvent s'entrevoir sans un torticolis , LANOUE , Coquette corr. II, 5
2Adj. Qui porte le cou de travers. Un coup d'air l'a rendu torticolis. Substantivement.
Il [le peintre] ne doit jamais s'imaginer un Christ, en quelque action que ce soit, avec un visage de torticolis.... , POUSSIN , dans J. DUMESNIL, Hist. des amat. ital. p. 494
Mon pauvre corps est raccourci, Et j'ai la tête sur l'oreille ; Mais cela me sied à merveille, Et parmi les torticolis Je passe pour des plus jolis , SCARR. , Oeuv. t. VII, p. 97
Fig. Un torticolis, un faux dévot ; c'est le même que cou tors. J. B. Rousseau en a fait l'hypocrisie personnifiée : Le vieux Satan l'adopta pour sa fille ; On dit qu'alors tout l'enfer s'assembla, Et que par choix le conseil l'appela Torticolis, figure symbolique De son cou tors et de sa tête oblique, Allégories, I, 1.
3S. m. Nom du torcol en Lorraine. XVIe s.
Et les afusta justement [la tête coupée et le corps], affin que il ne feust torty colly , RAB. , Pant. II, 30
Lat. tortum collum, cou tordu ; Berry, torticou.