TIRE-LAISSE

Prononciation : ti-re-lè-s'
Nature : s. m.

Ancien terme familier, emprunté d'un certain jeu, et qui se dit quand un homme vient à être frustré à l'improviste d'une chose qu'il croyait ne pouvoir lui manquer.
Le roi essuya pendant le cours de ce siége un cruel tire-laisse , SAINT-SIMON , 2, 35
Je ne répondrais pas que la pique du roi sur ses absences [du due de Chevreuse] ne lui ait valu ce tire-laisse , SAINT-SIMON , 300, 145
J'adresse ma lettre pour vous au comte de Noailles [le second fils du maréchal], afin que M. Amelot [le ministre des affaires étrangères], qui la lui enverra, ne sache pas que je vous écris, et, de plus, cela lui donnera un petit tire-laisse dont je me réjouis d'avance , Corresp. de Louis XV et de Noailles, publiée par M. Camille Rousset, cité par SAINTE-BEUVE, dans le Constitutionnel, 14 août 1865
Tirer, laisser. TIRE-LAISSE. Ajoutez : - REM. On peut ajouter un exemple plus ancien que tous ceux qui sont cités :
Je lui dis qu'il aurait tous les jours de ces tire-laisses , RETZ , Oeuvres, éd. Feillet et Gourdault, t. IV, p. 502 (les anciennes éditions ont tracasseries).