TEMPE

Prononciation : tam-p'
Nature : s. f.

Région latérale de la tête comprise entre l'oeil et l'oreille ; elle répond à la partie écailleuse de l'os temporal et à la portion correspondante du muscle de ce nom. Tempe droite. Tempe gauche.
Son oeil d'aigle, son front argenté vers les tempes, Rappelaient les fiertés des plus mâles estampes , TH. GAUTIER , P. Corneille. Terme d'entomologie. Partie située de chaque côté de la moitié postérieure des yeux, entre le front et le vertex.
On a dit longtemps temple :
Ce mot temple est féminin quand il signifie la partie de la tête qui est entre l'oreille et le front ; c'est ainsi qu'il faut écrire et prononcer ce mot ; ceux qui disent tempe ne parlent pas bien , Acad. Obs. sur Vaugel. p. 180, dans POUGENS.
Deux petits fers [d'une coiffure] s'enfoncent dans les temples, empêchent la circulation, font des abcès , SÉV. , 5 oct. 1689
XIe s.
De sun cervel le temple en est rumpant , Ch. de Rol. CXXXII
XIIIe s.
Lors m'en vins, si cun dit vous é, Par ces buissons gratant mes temples , la Rose, 14741
XVIe s.
Si un malade a les yeux cavés, les temples abattues et le nez pointu, on cognoist qu'il est proche de la mort , PARÉ , Introd. 23
Par les temples est entendu ce qui est situé entre le petit canthus ou petit angle de l'oeil et l'oreille , PARÉ , III, 1
Je luy conseille se faire ouvrir l'artere du temple , PARÉ , XV, 4
Les Libyens.... par cette coutume.... de leur cauteriser [aux enfants] et brusler les veines du chef et des temples.... , MONT. , III, 208
Berry et génev. la temple ; provenç. templa ; ital. tempia ; du lat. tempora, pluriel de tempus, tempe. Temple, d'où tempe, est du féminin, parce que d'ordinaire le vieux français donne ce genre aux pluriels neutres latins. Terme de boucherie. Morceau de bois pour tenir ouvert le ventre d'un animal. 1Vallée de Thessalie entre le mont Ossa et l'Olympe. 2Par extension, toute espèce de vallée remarquable par la beauté et la fraîcheur. Ces fraîches Tempés.
Aux plus arides bords Tempé rit à leurs yeux , A. CHÉN. , Élégies, I, 24 Gresset l'a fait du masculin : ce Tempé, cette autre Idalie, Ode II, Sur l'amour de la patrie. Il vaut mieux le faire féminin, car on sous-entend vallée.
Lat. Tempe (au pluriel).