TAON

Prononciation : ton, d'après l'Académie ; mais plusieurs prononcent tan, comme pan pour paon
Nature : s. m.

1Insecte diptère, de la famille des tabaniens ; les femelles sont avides du sang des animaux, les mâles se contentent de butiner sur les fleurs.
Comme un taureau vainqueur dans cent pâturages.... supporte avec impatience la piqûre du taon, sous les ardeurs du midi , CHATEAUBR. , Mart. liv. VI Fig.
Et le taon des guerres civiles Piqua les âmes des méchants, Qui firent avoir à nos villes La face déserte des champs , MALH. , VI, 29
2Nom, dans les environs de Paris, de la larve du hanneton. La moindre mouche qui le piquera sera un taon, le moindre malheur qui lui arrivera sera un grand malheur. XIIe s.
Toz jors doit puir li fumiers, Et taons poindre, et maloz [frelons] braire, Et felons enuier et nuire , CRESTIEN DE TROIES , Cheval. au lyon, p. 116
XVIe s.
Ilz alleguoyent le tesmoignage de Aristophanes en la comedie intitulée les Tahons ou Mousches guespes , RAB. , IV, 58
Nos loix sont comme toilles d'aragnes ; les simples mouscherons y sont prins, les groz taons malfaisans les rumpent , RAB. , V, 12
On dit que le tahon qui tourmente les taureaux se fiche auprès de leurs aureilles , AMYOT , Com. discer. le flatt. 22
Hanetons et tavans , DU BARTAS , dans RAYNOUARD, Lex.
Génev. tavan ; patois des Fourgs, tovan ; provenç. tavan ; cat. tavá, tabá ; espagn. tábano ; portug. tabao ; ital. tafano ; du latin tabanus. L'accentuation espagnole fait penser qu'il y a eu une forme tabanus. Ascoli (Journ. de Kuhn, XII, 437) rapproche tabanus du sanscr. tapana, brûlant.