TAMIS

Prononciation : ta-mî
Nature : s. m.

1Instrument qui sert à passer des matières pulvérisées ou des liqueurs épaisses. Tamis fin. Gros tamis. Tamis en toiles métalliques, en soie, en crins. Tamis à tambour.
La nourriture se purifie, comme si on la passait par un tamis , FÉN. , Exist. I, 24
On se sert des tamis pour obtenir en poudre d'une grosseur uniforme les substances que l'on a d'abord broyées ou pilées dans un mortier , THENARD , Traité de chim. t. IV, p. 409, dans POUGENS Fig.
Pascal, en épurant la langue, l'a, pour ainsi dire, passée à un tamis trop fin ; il n'a pas assez conservé de la substance de Montaigne , MARMONTEL , Oeuv. t. x, p. 424
Fig. et familièrement, passer par le tamis, être examiné sévèrement.
2Terme de pêche. Filet maintenu par un cylindre de bois, en forme de tambour, ajusté au bout d'une perche. 3Morceau de bois, percé d'un grand nombre de trous, qui porte et maintient les tuyaux, dans l'orgue. XIIIe s.
Quar on les puet aussi reprendre et chastoier [les femmes], Que l'on porroit la mer d'un tamis espuisier , JUBINAL , Jongl. et trouv. p. 23
XVe s.
C'estoit la meschine qui des tamis jouoit , LOUIS XI , Nouv. XVII
Bourguig. taimi ; provenç. tamis ; espagn. tamiz ; ital. tamigio ; vénit. tamiso ; bas-latin, tamisium, d'origine incertaine. Diefenbach l'a tiré du celtique tamma, mettre en pièces ; mais Diez objecte qu'il faudrait admettre un suffixe itium qui serait rendu en provençal par tamitz, non par tamis. Il propose le néerlandais teems, tamis. à son tour, Scheler demande si ce mot teems, dont on ne sait pas l'origine, ne serait pas un emprunt aux langues romanes.