SUINTER

Prononciation : suin-té
Nature : v. n.

1En parlant d'une liqueur, d'une humeur, sortir, s'écouler presque imperceptiblement.
Cet arbuste [l'arbre à suif] est couvert de baies d'où semble suinter une substance blanche et farineuse , VOLT. , Dict. phil. Arbre à suif.
Dans les plaines, comme l'eau ne peut trouver d'issue, il y aura.... une grande quantité d'eau qui suintera à travers les fentes des glaises et des terres fermes , BUFF. , Hist. nat. 2e disc.
On sait que les filons de quartz, le son creux que rendent les rochers quand on les frappe, et les sources que l'on en voit suinter, sont les indices d'après lesquels on fait des excavations pour aller à la recherche de ces grottes ou de ces fours tapissés de cristaux , SAUSSURE , Voy. t. VI, p. 261, dans POUGENS
2Il se dit du vase d'où la liqueur coule, de la plaie, du lieu d'où l'humeur sort. Ce baril suinte. Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir. XVIe s.
L'os y est si espais et dense, qu'il n'en peut suinter assez d'aliment pour la regeneration de la chair , PARÉ , VIII, 15
Suint. M. Diez préfère l'anc. h. allem. suizan, originellement suitan, suer ; mais il est facile de tirer suinter de suint ; il ne l'est pas de retirer suint de suinter.