SUCRER

Prononciation : su-kré
Nature : v. a.

1Mettre du sucre dans quelque chose. Sucrer du café, des fraises, etc. Fig.
Sotte et fâcheuse humeur de la plupart des hommes, Qui, suivant ce qu'ils sont, jugent ce que nous sommes, Et, sucrant d'un souris un discours ruineux, Accusent un chacun des maux qui sont en eux , RÉGNIER , Sat. VII
Tu sais donc l'art d'emmieller les noirceurs, Et de sucrer le fiel de l'Euménide , LEBRUN , Épigr. 8
2Familièrement. Se sucrer, v. réfl. Sucrer son café, son thé. XVe s.
Il est mainte femme sucrée, Mainte bourgeoyse tant ne quant, Qui en a bien toute l'année [des amants] , COQUILL. , Plaidoy. de la simple et de la rusée.
Ne faictes point tant la sucrée ; Sçavez pas bien que m'avez dit ? , COQUILL. , le Monologue du puits.
XVIe s.
La volupté est bien plus sucrée quand elle cuict , MONT. , III, 2
Si la santé mesme, si sucrée, vient à me retrouver par boutades, c'est pour me donner regret , MONT. , IV, 157
Tant fit et dit avec ses paroles sucrées, qui eussent fait fendre des pierres, qu'il adoucit le vouloir obstiné d'icelle , Nuits de Straparole, t. I, p. 239, dans LACURNE
Sucre ; wallon, soukré.