SUBLIMER

Prononciation : su-bli-mé
Nature : v. a.

Terme de chimie. Élever dans une cornue ou dans un espace libre, par le moyen de la chaleur, les parties volatiles d'une substance sèche et les recueillir.
Soit qu'étant plein de chaleur et d'esprit [le vin], Il le sublime [le quinquina] et donne à sa nature D'autres degrés qu'une simple teinture , LA FONT. , Quinquina, II
Tous les métaux sont susceptibles d'être sublimés par l'action du feu , BUFF. , Min. t. IV, p. 2 Il se dit quelquefois abusivement pour vaporiser.
L'évaporation, comme la distillation, ne sublime dans l'atmosphère que de l'eau parfaitement pure , BABINET , Revue des Deux-Mondes, 1er déc. 1854, p. 1010
Se sublimer, v. réfl. Être sublimé.
Toutes les matières qui peuvent se sublimer , BUFF. , Preuv. théor. Oeuv. terre, t. I, p. 337
XIVe s.
Quand le corps [humeur] meslé est sublimé par adustion , LANFRANC , f° 47, verso.
XVIe s.
Distiller, c'est un art... aucuns appellent cet art sublimer, qui ne signifie autre chose que separer le pur de l'impur, les parties les plus subtiles et deliées d'avec les plus corpulentes, espaisses et excrementeuses , PARÉ , XXVI, 1
Sapience est la perfection.... qui enlumine, sublime et affine le discours de la raison par la cognoissance des choses , AMYOT , Moral. Épît. p. 3
Provenç. et espagn. sublimar ; ital. sublimare ; du lat. sublimare, élever en haut, dénominatif de sublimis (voy. SUBLIME). Sublimer se trouve dans des textes anciens au sens d'élever en haut ; c'est le sens primitif ; mais, comme terme de chimie, il a un sens un peu différent.