STUPEUR

Prononciation : stu-peur
Nature : s. f.

1Terme de médecine. Engourdissement général ; diminution de l'activité des facultés intellectuelles, accompagnée d'un air d'étonnement ou d'indifférence. La stupeur est un phénomène de certaines fièvres graves. 2Fig. Espèce d'immobilité causée par une grande surprise ou par une frayeur subite.
Cet état de stupeur où la paresse de penser empêche de comprendre et même d'écouter , GENLIS , Voeux témér. t. I, p. 86, dans POUGENS
Ce deuil sec et muet, sans larmes et sans plainte, De cet oeil insensé l'immobile stupeur, Plus cruels que les cris, me causent plus de peur , P. LEBRUN , le Cid d'And. IV, 5 Au pluriel.
Et ce qui plonge l'âme en des stupeurs profondes, C'est la perfection de ces gredins immondes , V. HUGO , Châtiments, VI, 5
XVIe s.
Stupeur qui est diminution de mouvoir et sentir , PARÉ , VIII, 9
Provenç. stupor ; espagn. estupor ; ital. stupore ; du lat. stuporem. Il y a, dans le sanscrit, stumbh, être étonné ; on dit que le bh sanscrit ne se change pas en p latin ; dans tous les cas, le sanscrit stumbh et le latin stupere dérivent du radical stha, en latin stare, être debout, immobile.