STATION

Prononciation : sta-sion ; en vers, de trois syllabes
Nature : s. f.

1Terme de physiologie. Action de se tenir debout. La station est plus pénible à maintenir que la marche. Plus généralement, état dans lequel les animaux restent immobiles sur le sol, appuyés sur leurs quatre membres, ou sur leurs membres postérieurs seulement, suivant l'espèce à laquelle ils appartiennent. Manière dont un animal se tient. Station bipède. 2Pause, demeure de peu de durée qu'on fait dans un lieu. J'ai fait une grande station à sa porte. Je ne suis pas resté longtemps dans ce lieu, je n'y ai fait qu'une station. 3Lieu où l'on s'arrête, que l'on visite.
Enfin, ma chère enfant, vous avez porté votre délicatesse à Marseille, et M. de Grignan l'a voulu ; je suis persuadée qu'il vous aura menée à Toulon et à toutes les stations qu'il faut faire voir à Mlles de Grignan , SÉV. , 22 mars 1680
M. Muller.... dit... que ce détroit [de Behring] offre une ou plusieurs îles qui servent de routes ou de stations communes aux habitants des deux continents [l'ancien et le nouveau] , BUFF. , Not. just. Ép. nat. Oeuvr. t. XIII, p. 327 Stations thermales, diverses installations établies près des sources thermales à l'effet de permettre d'y séjourner et d'y suivre un traitement en rapport avec la nature des eaux et les conditions climatériques du lieu d'émergence. Stations d'été, celles qui ne permettent le séjour que pendant les trois ou six mois de belle saison ; stations d'hiver, celles dans lesquelles le climat et les autres dispositions permettent de suivre un traitement en hiver comme en été.
4Lieu où l'on s'arrête, où s'arrêtent les voitures.
Tous les délais sont dangereux, lui ai-je dit ; hâtez-vous d'arriver à la première station, d'où vous pourrez lui écrire à votre aise , J. J. ROUSS. , Hél. I, 65 Endroit où se tiennent les voitures publiques pour prendre les voyageurs. Terme de chemin de fer. Endroit où s'arrête un convoi pour prendre ou déposer des voyageurs. Chef de station.
5Particulièrement, visite des églises, chapelles et autels désignés pour y faire certaines prières. Station pour gagner le jubilé.
Nous nous empressions à occuper les meilleures places ; c'était à qui serait auprès du bénitier ou à l'entrée de la chapelle de la station , LESAGE , Guzm. d'Alf. III, 5
Ceux-ci adoptaient aveuglément tous les contes qu'on leur débitait, et ils accomplissaient scrupuleusement toutes les stations qui leur étaient indiquées , LEGRAND D'AUSSY , Inst. Mém. sc. mor. et polit. t. v, p. 426 Faire ses stations, visiter les églises désignées pour y gagner les indulgences.
S'il faut faire le jubilé à Paris, nous passerons quinze jours à Meudon, d'où l'on ira faire ses stations , MAINTENON , Lett. au duc de Noailles, 11 février 1701
Au jubilé, le roi faisait presque toujours ses stations à pied , SAINT-SIMON , 417, 18
Donner une station à un prédicateur, lui assigner une église pour qu'il y prêche pendant l'avent et le carême.
Ils auront le crédit d'avoir une station du jubilé , PASC. , Pens. sur les jés. 35, éd. FAUGÈRE.
Il [l'abbé Boileau] ne fut pas toujours heureux dans ses stations à Versailles , D'ALEMB. , Éloges, Ch. Boileau.
On dit dans le même sens : Cette église est une bonne station. Prière que l'on fait à une station. Terme de liturgie. Le jeûne du mercredi et du vendredi, qui ne durait que jusqu'à dix heures.
6Dans les nivellements et opérations de trigonométrie, lieu où l'on se place pour opérer convenablement. On ne saurait mesurer une distance inaccessible que par deux stations.
Nous fixâmes notre dernière station dans la partie la plus montueuse de l'île, et nous louâmes pour cet objet la maison d'un pauvre paysan , BIOT , Inst. Mém. Acad scienc. t. III, p. LXXXI Mettre un instrument en station, le disposer pour faire une observation.
7Terme de marine. Certaine étendue de mer assignée à des vaisseaux pour y établir leur croisière pendant un temps fixé. Quitter, relever la station. Les bâtiments de la station.
Elles [les îles de l'Archipel] devinrent les stations de tous ces vaisseaux génois et vénitiens , CHATEAUBR. , Itin. part. 2 Bâtiments qui sont en station.
8Terme d'astronomie. Station d'une planète, position par laquelle elle passe quand son mouvement change de sens, c'est-à-dire devient de direct rétrograde, ou inversement.
Les stations et rétrogradations sont un corollaire mathématique des mouvements autour d'un même foyer , DELAMBRE , Abr. astr. 17e leçon.
9Terme de botanique. Lieu où croît spontanément et d'une manière habituelle une espèce donnée. XIIe s.
Deus les mist en terre de promissiun, en certaine statiun , Rois, p. 2
XIIIe s.
À peine tient estacions ; Car sovent a tentacions , Ren. 15193
XIVe s.
Il [les Gaulois] se herbergent sans garde et sans stacions [postes] , BERCHEURE , f° 113
XVIe s.
Quand ils estoient entrez un peu plus avant, ils ne voyoyent plus que ciel et mer sans trouver quelque portne station , CALV. , Instit. 99
.... qu'il les veut veoir en la nef de l'eglise, comme ils se mectent quelquefois en station , CARL. , VI, 23
Provenç. estatio, istacio, statio ; espagn. estacion ; ital. stazione ; du lat. stationem, de stare (voy. STABLE).