STANCE

Prononciation : stan-s'
Nature : s. f.

1Nombre déterminé de vers qui forment un sens complet, et qui sont assujettis, pour le genre de vers et pour la rime, à un certain ordre qui se répète dans toute la pièce. Stance de quatre vers, de cinq vers, de six vers, de huit vers.
La surprise agréable que fait à l'oreille ce changement de cadence imprévu rappelle puissamment les attentions égarées ; mais il faut éviter le trop d'affectation ; c'est par là que les stances du Cid sont inexcusables.... , CORN. , Andromède, Examen.
Les stances avec grâce apprirent à tomber , BOILEAU , Art poét. I
Rotrou avait mis les stances à la mode ; Corneille, qui les employa, les condamne lui-même dans ses réflexions sur la tragédie , VOLT. , Comm. Corn. Rem. Médée, IV, 5 Stances irrégulières, pièces de vers dont les stances diffèrent entre elles par le nombre ou la mesure des vers, ou par l'entrelacement des rimes.
2Au plur. Poëme composé de plusieurs stances. Les grands poëmes italiens, le Roland, la Jérusalem délivrée, et en anglais le Childe-Harold de Byron, sont en stances.
Les stances ont été plusieurs fois essayées dans l'épopée française, et toujours sans aucun succès , BERNARD JULLIEN , Hist. de la poés. franç époque impériale, t. I, p. 242
STANCE, STROPHE. Strophe signifie tour, et s'applique proprement aux vers grecs ou latins qui revenaient dans le même ordre, sans qu'il y eût un repos obligé à la fin de la strophe. C'est ce repos, ce sens terminé ou fortement suspendu qui caractérise la stance.
En parlant de l'ode moderne, stance et strophe sont synonymes , MARMONTEL , Oeuvr. t. x, p. 158
J'essayais d'ajuster sur mon clavecin les trois dernières strophes.... et après avoir relu l'ode entière, je me suis attachée à ces trois stances , LETOURNEUR , Trad. de Cl. Harlowe, Lett. 54
Ital. stanza, stance, proprement demeure, séjour, arrêt, du lat. stare, demeurer, être arrêté ; la stance étant ainsi dite, parce que c'est une sorte d'arrêt. Au XVIe siècle, on trouve aussi stance au sens propre de logis, chambre.