SOURNOIS, OISE

Prononciation : sour-noî, noî-z'
Nature : adj.

Qui est caché et dissimulé.
On voit briller la cité génevoise, Noble cité, riche, fière et sournoise , VOLT. , Guerre Gen. I
Il avait un air sombre, une mine sournoise , LA CHAUSSÉE , Retour imprévu, II, 13
Les archers sournois qui t'attendent [toi cerf] Tendent Leurs arcs dans l'épaisseur du bois , V. HUGO , Ball. 11 Substantivement. Personne sournoise.
La sournoise ! elle voit plus bas que son menton , HAUTEROCHE , Bourg. de qual. II, 2
Vous faites la sournoise ; mais je vous connais il y a longtemps, et vous êtes une dessalée , MOL. , G. Dandin, I, 6
Je me dis fort vite ce que la raison dit fort tard à ces sournois qui n'osent éclater , MAINTENON , Lett. à Mme d'Aubigné, 30 juin 1680
XVIe s.
Un sournois , OUDIN , Dict.
Berry, sournais, sornais ; ital. sornione, susornione. Diez émet diverses conjectures : d'abord il le rapproche de l'anc. franç. sorne, crépuscule, provenç. sorn, sombre, et demande si le kimri swrn-ach, gronder, cornique sorren, être de mauvaise humeur, n'aurait point passé de son sens abstrait à celui d'obscur ; puis, trouvant le portug. soturno, le piémontais saturno, le sarde saturnu, le génev. saturne, qui signifient sournois et dans lesquels il voit le lat. taciturnus, il pense que le sorn provençal et le sournois français pourraient avoir cette origine. Ménage, auquel Scheler se joint, songe à surdus : sourdinois, contracté en sournois, formé comme tapinois de tapin, et signifiant qui va à la sourdine. Ce qui reste, c'est que sournois tient à sorne, sorn, poitevin sorgner, se retirer dans un coin, mots d'origine inconnue.