SOTIE

Prononciation : so-tie
Nature : s. f.

Pièce de notre ancien théâtre (XVe siècle et commencement du XVIe siècle), sorte de satire allégorique dialoguée, où les personnages étaient censés appartenir à un peuple imaginaire nommé le peuple sot ou fol, lequel représentait, aux yeux des spectateurs, les dignitaires et personnages du monde réel. Ainsi le sot juge était un juge quelconque ; la mère sotte était l'Église, et ainsi de suite pour tous les états. XIIIe s.
Se je me fes damace par me [ma] sotie, et à autrui aussi, je ne sui pas escusé de l'autrui damace por le mien , BEAUMANOIR , XXV, 18
XVIe s.
Comme dit Gratian du Pont en son art de rhetorique, qui voudra sçavoir le nombre des lignes qu'il faut en monologues, dialogues, farces, sotties et moralitez, soit adverti que quand monologue passe deux cens vers, c'est trop ; farces et sotties cinq cens, moralitez mille ou douze cens au plus.... , DU VERDIER , Bibl. p. 427
Sot, au sens de fou, ces pièces ayant été ainsi qualifiées à cause des bouffonneries.