SOMBRER

Prononciation : son-bré
Nature : v. n.

Terme de marine. Se renverser tout à fait, étant sous voiles, et périr des suites de ce mouvement qu'on n'a pu ni prévoir ni arrêter. Ce navire a sombré sous voiles.
Comme un navire en feu qui sombre à l'horizon , LAMART. , Harm. II, 2 Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
XVIe s.
Sombrer [rendre obscur] , COTGRAVE ,
Sombre. Le terme de marine paraît être une figure où l'on représente le navire qui s'abîme comme entrant dans l'ombre. Terme rural. Donner la première façon à la vigne. Labourer un champ, donner le premier labour, en parlant des jachères.
Il est d'usage de sombrer les terres fortes en avril , GENLIS , Maison rust. t. III, p. 287, dans POUGENS
XIVe s.
Les terres qui seront sombrées ou curtivées devant la semaille , DU CANGE , sombrum.
Poit. labourer sombre, labourer peu profondément. Le bas-latin a sombrum, signifiant la saison où l'on fait le premier labour ; c'est sans doute l'allemand Sommer, belle saison. 3. SOMBRER (son-bré), v. n. Terme de musique. Amortir, couvrir les sons.
C'est tout ce qu'on entend du dialogue ; car M. du Couloir a soin de sombrer tous les passages qui pourraient fournir des indications à un auditeur trop curieux , P. VÉRON , Journ. amusant, 15 mars 1872, n° 811
Verbe dénominatif de sombre : rendre sombre le son.