SILLER

Prononciation : si-llé, ll mouillées, et non si-yé
Nature : v. n.

Terme de marine peu usité. En parlant d'un bâtiment, fendre les flots en naviguant. Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir. Diez le tire du scandinave sila, sillonner. Mais ce verbe paraît être une forme de l'ancien verbe sigler, qui signifie faire voile et qui est le même que cingler. 1Terme de fauconnerie. Coudre les paupières d'un faucon. Quand, voulant porter un oiseau de proie, on n'a point de chaperon pour lui couvrir la tête, on lui sille les yeux, c'est-à-dire on lui coud les deux paupières d'un point d'aiguille ; l'oiseau ne se débat plus. 2Fig. Fermer, en parlant des yeux.
Mes yeux.... Depuis d'un bon sommeil ne se sont vus sillés , RÉGNIER , Élég. II Absolument.
[Un fantôme, en rêve] Me prédit mes malheurs, et longtemps, sans siller, Me contemple, debout contre mon oreiller , SAINT-AMAND , les Visions.
XVIe s.
....En leur ostant les sens, et leur sillant les yeux , DU BELLAY , III, 71, recto.
[Le ciel] Comme jaloux d'un bien si precieux, Silla le monde et m'aveugla les yeux, Pour de luy seul seule estre regardée , RONS. , 49
Amour ne regne point sur la troupe blesmie Des morts, qui sont sillez d'un long somme de fer , RONS. , 168
....Qui eust adouci la rage Du plus foible belliqueur, Si la fureur du courage Ne luy eust sillé le coeur , RONS. , 348
La véritable orthographe est ciller, qui vient de cil (voy. CILLER et DESSILLER).