SERREMENT

Prononciation : sê-re-man
Nature : s. m.

1Action par laquelle on serre, on presse ; état de ce qui est serré.
Ces serrements de mains dont on vous estropie , REGNARD , le Joueur, II, 4
Il ne s'expliqua que par un serrement de main , MARIVAUX , Marianne, 4e part.
Le mercredi suivant, qui était le sixième jour depuis sa chute, il se réveilla avec un serrement dans les mâchoires, qui ne lui permettait pas de les écarter l'une de l'autre , SABATIER , Instit. Mém. scienc. t. I, p. 183
Et sentir, à défaut de mots cherchés en vain, Tout son coeur me parler d'un serrement de main , LAMART. , Jocelyn, Prologue.
2Cloison que l'on construit à l'intérieur d'une mine, pour empêcher les eaux de passer d'une partie de galerie à l'autre. 3Fig. Serrement de coeur, état où se trouve le coeur quand on est saisi de tristesse.
Les serrements de coeur ne sont pas bons, quand on est vieux , SÉV. , 273
Je vous écris avec un serrement de coeur qui me tue , SÉV. , 17 juin 1671
J'ai toujours un serrement de coeur que je voudrais bien que vous ne connussiez pas , MAINTENON , Lett. au duc de Noailles, 15 mars 1712
XVIe s.
Quant au moien de moissonner le ris, je vous renvoie au serrement de vouz autres bleds , O. DE SERRES , 121
Serrer ; provenç. sarramen ; espagn. cerramiento ; ital. serramento. D'une manière serrée, parcimonieuse, avare. Il vit serrément. XIIe s.
Lors se traïstrent ensemble Abner et si compaignon, et esturent serréement comme en eschiele [escadron] au sumet de une hoge , Rois, p. 127
XIIIe s.
Serréement fui [je fus] au pertuis , Ren. 8305
XVIe s.
Pour là fermement attacher le cep avec une ou deux ligatures d'ozier, non trop serréement, de peur de l'offenser , O. DE SERRES , 181
Serrée, et le suffixe ment ; provenç. sarradamen.