SENSIBLEMENT

Prononciation : san-si-ble-man
Nature : adv.

1D'une manière sensible, perceptible, appréciable.
Songe avant-coureur d'aventure tragique ! Combien sensiblement cet accident s'explique ! , ROTR. , Vencesl. V, 2
Si les grandes [maladies] l'altèrent sensiblement [le sens], je ne doute point que les petites n'y fassent impression à leur proportion , PASC. , Pens. III, 3, édit. HAVET.
On voit fort sensiblement de dedans la lune notre terre tourner sur son centre , FONT. , Mond. 3e soir.
Quand les temps ont sensiblement changé, il y a des lois qu'il faut changer , VOLT. , Pol. et lég. Idées républ. 18
2D'une manière qui affecte le coeur.
Ô Dieu ! que ce discours sensiblement me blesse ! , MAIRET , Mort d'Asdr. III, 1
Il saura, je le jure, Combien sensiblement me touche cette injure , ROTR. , Antig. IV, 6
M. de Lamoignon ne fut pas si sensiblement touché des grâces qu'on fit à sa maison, que des secours qu'il obtint pour les hôpitaux , FLÉCH. , Lamoign.
XIVe s.
Ou [au] corps nous voyons sensiblement ceste contrarieté et tel malvais mouvement, et en l'ame nous ne le voyons pas aussi , ORESME , Éth. 31
Monstrer publiquement sensiblement es escoles selonc ma possibilité l'operation de cyrurgie manuel , H. DE MONDEVILLE , f° 4
Sensible, et le suffixe ment. SENSIBLEMENT. - ÉTYM. Ajoutez : Faut - il rapporter à sensiblement l'adverbe de cet exemple : XIIe s.
Ceste confusions de desturbance avoit santieblement apresseit le cuer de ceaz [ceux]... , li Dialoge Gregoire lo pape, 1876, p. 315 Santieblement supposerait un bas-lat. sentibilis ; or il y a en effet dans le bas-lat. sentificare pour sensificare (voy. DU CANGE).