SAVANE

Prononciation : sa-va-n'
Nature : s. f.

1Nom, dans les Antilles, la Guyane et ailleurs, des prairies et de toutes les plaines qui produisent de l'herbe pour la nourriture des bestiaux ; c'est ce dernier sens qu'on lui donne d'ordinaire dans le langage général. Savane, prairie, campagne, Dict. de Pelleprat, Paris, 1655. Savanes noyées, celles qui sont sur le bord de la mer.
Derrière ce rideau sont des savanes noyées par les eaux pluviales qui n'ont point d'écoulement ; et ces savanes se prolongent toujours latéralement au rivage, dans une profondeur plus ou moins considérable, selon l'éloignement ou le rapprochement des montagnes , RAYNAL , Hist. phil. XII, 21
2Au Canada, nom de forêts d'arbres résineux, dont le fond est humide et couvert de mousse.
Tous ces sauvages, quoique de cinq ou six nations différentes, sont connus, dans les relations françaises, sous le nom de Savanois, parce que le pays qu'ils habitent est bas, marécageux, mal boisé, et qu'au Canada on appelle savanes ces terrains mouillés qui ne sont bons à rien , CHARLEVOIX , Hist. de la Nouv. Fr. t. III, p. 181
Espagn. savana, proprement drap de lit, qu'on trouve avec le sens de savane pour la première fois dans OVIEDO, Hist. de las Indias, XXV, 2 ; port. sabena, drap de lit ; bas-lat. sabana, dans un texte de 781, dérivé du lat. sabanum, linge, serviette, qui est le grec, toile, linge. SAVANE. - ÉTYM. Ajoutez : La ressemblance du mot savane avec l'espagn. savana est purement fortuite, et savane est un mot américain, d'après M. Roulin, qui cite en preuve ce passage de Washington Irving, Hist. de Christ. Colomb. VI, 9 : Verdant plains, called by the Indians savanahs (LAS CASAS, Hist. ind. I, 90). M. Roulin regarde l'autorité de Las Casas comme décisive.