SAUVAGEON

Prononciation : sô-va-jon
Nature : s. m.

1Arbre venu spontanément, dans les bois, dans les haies, de pepins ou de noyaux de fruits sauvages ; les rameaux en sont presque toujours armés d'épines, et les fruits ont trop d'âpreté pour être bons à manger.
Ce n'est pas qu'il y ait aucune de ces bonnes et nouvelles espèces qui ne soit originairement issue d'un sauvageon , BUFF. , 7e ép. nat. Oeuv. t. XII, p. 359
Cultivés, protégés par vos secours propices, Ces jeunes sauvageons croîtront sous vos auspices , DELILLE , Hom. des ch. Var. et add. ch. I Fig.
Vous condamnez cette proposition-ci : l'homme d'esprit sait que les hommes sont ce qu'ils doivent être, que toute haine contre eux est injuste, qu'un sot porte des sottises comme un sauvageon porte des fruits amers ; ah ! sauvageons de l'école, vous persécutez un homme parce qu'il ne vous hait pas , VOLT. , Dict. phil. Homme.
2Terme de jardinage. Tout arbre qui n'a pas été greffé, et qui peut servir de sujet pour la greffe.
J'avais un arbuste inutile Qui languissait dans mon canton, Un beau jardinier de la ville Vient de greffer mon sauvageon , VOLT. , Lett. en vers et en prose, 148 Fig.
Vous faites le plongeon, Petit noble à nasarde, enté sur sauvageon , REGNARD , le Joueur, III, 11
C'est-à-dire que sa coquetterie est entée sur un sauvageon de vertu , LEGRAND , Épreuve récip. sc. 1
3Adj. Fig.
On entrevoit en quoi Diderot tenait d'elle [sa soeur] et en quoi il en différait : elle était la branche restée rude et sauvageonne, lui le rameau greffé, cultivé et adouci, épanoui , SAINTE-BEUVE , dans le Dict. de DOCHEZ.
XIVe s.
Avec ce a esté compaignon de prendre quatre sauvargons aux champs, lesquels il planta ou jardin de l'ostel là où il demouroit , DU CANGE , sylvaticus.
XVIe s.
Et comment le sçaurois je, dis je, qui n'entend ny en quelle terre il faut planter.... ny de quelle grandeur les sauvageons doibvent estre... ? , LA BOÉTIE , 241
Sauvage. O. de Serres dit sauvageau.