SAUTERELLE

Prononciation : sô-te-rè-l'
Nature : s. f.

1Insecte ailé du genre locuste qui s'avance en sautant, famille des orthoptères sauteurs.
Depuis Bab-el-Mandeb jusqu'à Bara, on enfile les sauterelles pour les porter au marché , BUFF. , Suppl. à l'hist. nat. Oeuv. t. XI, p. 262
2Abusivement, il se dit pour le criquet (voy. CRIQUET 1) qui est un insecte dévastateur.
Le matin, ce vent brûlant fit élever les sauterelles , SACI , Bible, Exode, X, 13
L'excommunication des sauterelles et des insectes nuisibles aux moissons a été très en usage, et subsiste encore dans plusieurs rituels ; l'usage est passé, on laisse en paix Aristote, les sorciers et les sauterelles , VOLT. , Pol. et lég. Traité sur la tolér. comment elle peut être admise
3Sauterelle de mer, la squille mante. Il se dit aussi de la crevette. 4Synonyme de fausse équerre, voy. ÉQUERRE, n° 2. 5Terme de serrurier. Branche de bascule droite. 6Terme rural. Partie de la marcotte qui est hors de terre et qui tient à la main. 7Nom donné à de petits mécanismes que l'on peut faire sauter sur-le-champ, et qui servent à rattacher les barres de séparation dans les écuries et étables aux cordes qui les soutiennent. 8Synonyme de sauterolle. XIIe s.
Il duna à ruil [rouille] le fruit d'els, et les lur travalz à salterele , Liber psalm. p. 109
XIVe s.
Yraignes, sautereaux, papillons. , Ménagier, II, 5
XVIe s.
Les sauterelles nobles du pays broutent ceux du tiers estat, mesme le pauvre laboureur , FROUMENTEAU , Finances, III, p. 275
Soudain que le niveau eut fini son propos, voicy la sauterelle [fausse équerre] qui s'esleve en disant : ....je fay des actes que nul ne sauroit faire, et je vous demande, sçauriez-vous conduire un bastiment en une place biaise ? , PALISSY , 92
Berry, sauteriau ; provenç. sautarella ; de sauter. Dans le XVe siècle sauterelle signifiait aussi une sorte de danse. SAUTERELLE. Ajoutez : 9Nom, en Normandie, d'un jeu d'enfant, qui est la marelle.
Mais aux barres, à la sauterelle, au cheval fondu, je reprenais avantage, ça me suffisait , Mémoires d'un imbécile, ch. VIII, par E. NOËL, dans Philos. posit. janvier-février 1875, p. 136