SAUGE

Prononciation : sô-j'
Nature : s. f.

1Nom d'un genre de la famille des labiées. On y distingue : le salvia officinalis, L. plante aromatique, qui a deux variétés, la sauge à larges feuilles ou grande sauge, et la sauge à petites feuilles, ou petite sauge, ou thé de France.
Le roi prenait depuis fort longtemps deux tasses de sauge et de véronique , SAINT-SIMON , 403, 252 Sauge sauvage ou des prés, salvia pratensis, L. Fig. Il n'y a ni sel ni sauge, se dit d'une chose qui est fade, sans goût.
2Sauge en arbre, nom vulgaire du phlomis fructicosa, labiées. Sauge de Jérusalem, nom vulgaire du pulmonaria officinalis, borraginées. Sauge d'Amérique, nom vulgaire du tarchonanthus camphoratus, synanthérées, qui porte improprement le nom d'Amérique, car il est non pas d'Amérique, mais du cap de Bonne-Espérance, LEGOARANT. 3Sauge amère, ou sauge des bois, teucrium scorodonice, L. 4Poire de sauge, fruit du sauger, sorte de poire assez grosse dont on fait du cidre ; on ne peut la manger que quand elle est blette, elle ressemble alors un peu à la nèfle. XIIIe s.
Onques n'i quist ne sel ne sauge ; Encor ançois que il s'en auge [aille], Getera il son ameçon , Ren. 839
XVIe s.
Il sçavoit bien que la jeunesse de la cour ne se pourroit passer, car c'estoient les jours de caresme prenant, de luy donner quelques algarades du chappeau de saulge, et d'aultres risées [parce qu'on lui avait enlevé sa future] , CARLOIX , V, 39
Provenç. espagn. et ital. salvia ; portug. salva ; du lat. salvia, de salvus, sauf, à cause des vertus attribuées à cette plante. SAUGE. - HIST. Ajoutez : XVe s. Chappeau de saulge vieul [je veux] porter Ce moys de mai par desconfort, Puisque la belle m'a fait tort, Qui m'a changé pour aultre amer, Chansons du XVe siècle, publiées par G. Paris, p. 20 (qui ajoute que, dans certaines provinces, l'envoi d'un bouquet de sauge annonce à un prétendant que sa demande n'est pas agréée ; voy. aussi à l'Historique l'exemple de Carloix).