SANTORON

Prononciation : san-to-ron
Nature : s. m.

Nom donné par plaisanterie à un reclus, à un cénobite.
Le poëte avait l'air d'un rendu ; Comment ! d'un rendu ? d'un hermite, D'un santoron, d'un Santena , LAFONT. , Poésies mêlées, LXXI
XVIe s.
Chatemites, cagots, hermites, moines, hypocrites, santorons , RAB. , Prognost. Pantagr.
C'est M. Marty-Laveaux qui, dans son édition des Oeuvres complètes de La Fontaine, t. V, p. 193, a déterminé le vrai sens de santoron dans le vers cité ci-dessus ; jusque-là on y avait vu un nom propre ; c'est le passage de Rabelais qui a mis M. Marty-Laveaux sur la voie. Santoron ou sanctoron est le lat. sanctorum, ainsi employé, soit, comme paraît le croire Cotgrave, parce que l'hypocrite veut être considéré comme unus e sanctorum numero, soit parce qu'il marmotte des prières dans lesquelles revient souvent le mot sanctorum (DE FRÉMERY, Rev. critique, 21 juillet 1877, p. 29). Santena était un officier piémontais qui se retira à la Trappe en 1691.