SANGLE

Prononciation : san-gl'
Nature : s. f.

1Bande de cuir, de tissu de chanvre, etc. large et plate, qui sert à ceindre, à serrer, etc. La sangle d'une selle, sangle qui passe sous le ventre du cheval, et qui est fixée à la selle des deux côtés, de manière à la maintenir. On dit de même : sangle d'un bât. 2Bande que l'on cloue sur les bois pour former le fond d'un lit, d'un fauteuil, etc. Lit de sangle, lit dont le fond n'est formé que de sangles tendues sur deux brancards.
On tendit un lit de sangle au milieu de toutes ces merveilles [les objets antiques recueillis à Athènes, chez M. Fauvel, consul] , CHATEAUBR. , Itin. part. I
3Bande de cuir dont les porteurs, et surtout les porteurs d'eau et les porteurs de chaises, se servent pour porter.
Sangle au dos, bâton à la main ; Vite, porteurs, que l'on s'ajuste ; C'est pour la foire Saint-Germain , SCARR. , dans RICHELET
4Terme de pêche. Corde garnie d'empiles et d'hameçons, pour prendre des soles ou autres poissons de ce genre. Tissu de cordes, au travers duquel on passe les épaules, pour tirer les filets à terre. 5Nom vulgaire, dans la Vendée et la Loire-Inférieure, de la couleuvre verte et jaune, zamenis viridiflavus, Woegl. XIe s.
[Ils] Rumpent ces cengles, et ces seles verserent , Ch. de Rol. CCLX
XIIe s.
Li destrier vont parmi l'estor fuiant, Les sengles routes, les resnes traïnant , Raoul de C. 105
XIIIe s.
Et se ferirent sous les blasons si roidement, que il rompirent poitraus et chaingles et se porterent à terre par dessus les crupes des chevaus , Chr. de Rains, p. 65
Wallon, seink ; provenç. singla ; espagn. cincha ; ital. cinghia ; du lat. cingula, de cingere (voy. CEINDRE). La véritable orthographe est cengle du plus ancien de nos textes. Il y a eu aussi dans l'ancienne langue sangle signifiant une étoffe mince, non double, mais alors il vient de singulus.