SAFRE

Prononciation : sa-fr'
Nature : adj.

Terme populaire. Qui se jette avidement sur le manger. Un enfant safre.
Il faut prendre garde à ce chien, il est si safre qu'il emporte tout , Dict. de l'Acad.
XVIe s.
Femme safre et yvrognesse, de son corps n'est pas maistresse , COTGRAVE ,
Origine inconnue. Diez propose soit l'anc haut-allem. seifar, l'eau à la bouche, soit le verbe gothique supposé par Grimm safjan, savourer. Le Berry a le verbe chaffrer, détériorer, qui paraît bien tenir à safre. Il n'en est pas de même du safre de l'ancienne langue qui signifie élégant, gentil, et qui se rattache sans doute au bas-latin saffium, orfroi, broderie, d'où l'adjectif safré, très employé dans la description des armures ; on ne sait d'où vient saffium (voy. SAFRE 2) 1Oxyde de cobalt, noirâtre, pulvérulent, qui, mêlé avec deux ou trois fois son poids de cailloux rougis au feu et broyés, forme l'espèce de poudre grise qu'on vend dans le commerce sous le nom de safre ; il sert à faire du verre bleu et à contrefaire le saphir. 2Terme de blason. Aiglette de mer, sorte de petit oiseau peint sur l'écu les ailes éployées. Ital. zaffera. On a dit que ce mot venait de safir, à cause que le safre donnait au verre la couleur bleue. 2. SAFRE. Ajoutez : - HIST. XVIe s.
Le saphyr est une eau bien pure ; mais, parce qu'elle a passé par quelque miniere de saphyr, elle tient un peu de la couleur et teinture dudit saphre , B. DE PALISSY , 52
Nom, en Provence, d'une argile limoneuse durcie et agglutinée, qu'on retrouve en amas isolés dans tous les terrains occupés à diverses époques par le cours de la Durance ; cette matière, qu'on extrait en gros fragments, fournit, en se délitant à l'air, une terre fertile.