SACRISTIE

Prononciation : sa-kri-stie
Nature : s. f.

1Lieu où sont déposés les vases sacrés, les ornements de l'église, et où les prêtres et les desservants vont se revêtir des habits en usage pour les offices.
J'eus beau prendre le ciel et le chantre à partie, Il fallut l'emporter [le lutrin] dans notre sacristie, Où, depuis trente hivers sans gloire enseveli, Il languit tout poudreux dans un honteux oubli , BOILEAU , Lutrin, I
2Ce qui est contenu dans la sacristie. La sacristie de cette paroisse est fort riche. 3Le profit qu'on tire de ce qui est donné pour faire dire des messes, des services et des prières. Dans cette paroisse, la sacristie rapporte tant par an. 4Office claustral et titre d'un bénéfice, dans certaines abbayes. 5Interjection, sorte de jurement adouci pour ceux qui ne veulent pas jurer le nom de Dieu. Ah ! sacristie ! prenez donc garde. XVe s.
Ordonnant que des messes soient dittes en de certaines eglises dans les chapelles qui sont derriere les grands autels ; que, si cela ne se peut, on les dira es sacristies ou autres lieux propices , GODEFR. , Annot. sur l'hist. de Charles VI, p. 640, dans LACURNE.
Wallon, sacristeie ; prov. sacristia, sagrestia ; cat. sagristia ; espagn. sacristia ; ital. sacristia, sagrestia ; du bas-lat. sacristia, dérivé du lat. sacer, sacré. SACRISTIE. Ajoutez : 6Fig. Être de la sacristie, appartenir à un petit groupe restreint de curieux, d'amateurs.
Je l'avoue, tout en appartenant au temple, je ne suis pas de la sacristie, et je me permets, à mes risques et périls, et sous ma responsabilité personnelle, une opinion indépendante [il s'agit du culte de la curiosité, en fait de gravures] , H. LAVOIX , Journ. offic. 10 avril 1874, p. 2664, 2e col.