SABOULER

Prononciation : sa-bou-lé
Nature : v. a.

1Terme populaire. Houspiller, tirailler, malmener.
Ôtez-moi mes coiffes ; doucement donc, maladroite ; comme vous me saboulez la tête avec vos mains pesantes ! , MOL. , Comt d'Escarb sc 3 Fig. Mal arranger.
Qui, moi, de l'amertume, parce que j'ai pris le parti du troisième acte [de Tancrède], et que j'ai cru que Lekain me l'avait saboulé ! , VOLT. , Lett. d'Argental, 8 oct. 1760
2Fig.
Réprimander avec véhémence Voilà trois parlements du royaume que j'ai un peu saboulés , VOLT. , Lett. d'Argental, 7 nov. 1763
3Se sabouler, v. réfl. Se houspiller l'un l'autre.
Et puis c'est à se sabouler, à se patiner, à plaquer les mains sur les joues , CYR. DE BERG. , Pédant joué, II, 3
XVIe s.
Le pere que le fils tirassoit et sabouloit emmy la rue.... , MONT. , I, 115
Le peuple poulse et saboule le meurtrier au travers la presse vers Timoleon , MONT. , I, 255
L'admiral attendra l'armée du roy, en son option de combattre, ou de hazarder mil ou douze cens chevaux, pour les sabouler parmy les gens de pied, voir s'il les pourra entamer , CASTELNAU , 143
Le bruit couroit que vous aviez eu deux chevaux tués entre les jambes, esté porté par terre, saboulé et petillé aux pieds des chevaux de plusieurs escadrons , SULLY , Mém. t. I, p. 351
Incontinent la poeterine Tu crieras et aussi le ventre, Faignant que ton coeur en pleur entre, En te chaboulant comme un veau , le Médecin et le badin, dans Recueil de farces, etc. Paris, Techener, 1837, t. III, p. 16
Origine inconnue. Serait-ce une forme irrégulière de saboter, secouer ; prov. sabotar ? Dans l'argot, sabouler veut dire décrotter ; Fr. Michel croit que c'est le sens propre et il le tire du lat. sabulum, sable. Cette étymologie, quoi qu'il en soit du sens, n'est pas possible.