PENNON

Prononciation : pè-nnon
Nature : s. m.

1Enseigne avec laquelle le bachelier conduisait ses vassaux ; elle finissait en queue, et c'était avec quoi il recevait l'investiture, à la différence du banneret qui la recevait par la bannière carrée. Faire de pennon bannière, passer du rang de chevalier à celui de banneret. 2En général, toute espèce de bannière ou de banderole.
[Au convoi de Duguesclin] huit jeunes écuyers, dont les uns portaient des casques, et les autres des pennons et des bannières aux armes de Duguesclin , SAINT-FOIX , Ess. Paris, Oeuv. t. IV, p. 151, dans POUGENS
3Terme de blason. Pennon généalogique, écu rempli des alliances diverses d'une maison. 4Plume qui garnit la baguette d'une flèche. XIIe s.
[Il] Brandist sa lance au penon de sendal , Ronc. p. 51
Là veïssiés mil panons venteler , Garin, dans DU CANGE
XIIIe s.
Ele [l'amour] li ot sajete trete Parmi le cors jusqu'au penon , Lai de l'ombre
XIVe s.
À Thieri le fevre, pour XXIV fiers de glave [fers de lance] qu'il fist pour les banieres et les pignons de le [la] connestablie Jehan de Preuss , CAFFIAUX , Abattis de maisons, p. 13
XVe s.
Ils l'estoient jà tous armés, et mis leurs pennons par ordonnance devant eux , FROISS. , I, I, 79
Prov. peno, penon ; anc. cat. pano ; cat. mod. pendó ; esp. pendon ; port. pendão ; ital. pennone. Trois étymologies latines sont ouvertes : pannus, penna, et pendere, être pendant. Pendere (e long) doit être écarté ; car le d ne se trouve ni dans le français ni dans l'italien ; et dans les langues espagnoles il peut s'expliquer par une intercalation qui ne leur est pas étrangère. Entre pannus et penna, Diez préfère penna, parce que l'a ne se changerait pas en e ; à la vérité l'a de pannus se change en e dans le français qui a dit aussi bien penne que panne, mais les autres langues ont l'e. Pannus étant exclu, reste penna (voy. PENNE). Ainsi le pennon est une banderole comparée à une plume. Remarquez à l'appui que pennon signifie la barbe en plume d'une flèche. L'anglais dit pennant, avec une finale que les étymologistes anglais n'expliquent pas.