PENNE

Prononciation : pè-n'
Nature : s. f.

1Nom donné aux longues plumes de l'aile et de la queue des oiseaux. Les pennes des ailes sont appelées rémiges et celles de la queue rectrices, en raison de leurs fonctions particulières, les premières exécutant le vol, les secondes le dirigeant.
Il n'est peut-être pas un seul oiseau qui ait le nombre des pennes de la queue impair , BUFF. , Ois. t. III, p. 339
2Terme de fauconnier. Grosse plume des oiseaux de proie. 3Penne marine, espèce de zoophyte qu'on appelle aussi plume de mer (voy. PENNATULE). 4S. f. pl. Terme de blason. Se dit des plumes qui garnissent un chapeau placé au-dessus de l'écu. Se dit quelquefois des plumes qui garnissent les flèches. XIIIe s.
Et puet [l'archer] enpener ses quarriaus ou ses fleiches de tex [telles] pannes come il voudra, soit de gelines ou d'autres , Liv. des mét. 260
De pennes l'aveit fait si bel [le paon], Qe n'aveit fait nul autre oysel , MARIE DE FRANCE , t. II, p. 218
Nous ne poons souzescrire ne seignier la presente chartre, pour la penne qui tremble en nostre main pour la maladie , Rec. des hist. de Fr. t. III, p. 299
Ainçois qu'il [le jeune chevalier] se puist empener Des pennes de haute proeche [prouesse] , BAUDOUIN DE CONDÉ , t. I, p. 49
Prov. pena ; ital. penna ; du lat. penna, plume, aile. Les étymologistes regardent penna comme dit pour pesna, et le rattachent au radical grec, qui signifie voler. Il y avait en français un autre penne, signifiant étoffe et venant du latin pannus. 1Terme de tisserand. Le commencement, la tête de la chaîne. Fil de penne, chacun des fils qui reste attaché aux ensuples des tisserands, après qu'ils ont levé la toile. Quand les chandelles sont perfectionnées, on les met en livres, en les enfilant dans des pennes ou ficelles, Dict. des arts et mét. Chandelier. Ce mot se trouve écrit de façons diverses. Piennes ou coupures de fil de laine.... piennes ou pennes de fil ou de laine de toutes sortes, Tarif, 18 sept. 1664. Leur enjoignons pareillement de laisser à l'un des bouts de chaque piece [de toile] un peigne ou pesne de 18 lignes sans être tramé, Lett. pat. 28 juin 1780, art. 5. 2Gros cordon de laine réuni en houppe au bout d'un bâton. Bas-breton, pen, bout, tête. 1Nom d'une sorte de solive. ....Pour faire des poutres, doubles pennes, simples pennes, recharges, solives et autres ouvrages de charpente, Ordonn. de Lorraine donnée par Léopold en nov. 1707, dans DRALET, Traité des forêts d'arbres résineux, Toulouse 1820, p. 187. 2Terme de marine. L'une des deux pièces dont est composée l'antenne ou vergue latine. Probablement le même que penne 2 ; c'est-à-dire le celtique pen, tête, bout.