PARVIS

Prononciation : par-vî
Nature : s. m.

1Place devant la porte principale d'une église et particulièrement d'une église cathédrale. Le parvis de Notre-Dame, et, plus ordinairement, le parvis Notre-Dame, le parvis de l'église de Notre-Dame à Paris.
Seule à tâtons au parvis Notre-Dame Elle vient hiver comme été , BÉR. , Pauv. femme.
Par extension, il se dit de toute espèce de temple.
Un jour qu'assis tous deux dans les sacrés parvis, Ils contaient cette histoire aux pèlerins ravis , LA FONT. , Phil. et Baucis.
Poétiquement. Les sacrés parvis, une église.
Quel est cet enfant débile Qu'on porte aux sacrés parvis ? , V. HUGO , Odes, I, 9
2Chez les Juifs, dans l'ancien temple, espace qui était autour du tabernacle.
Le parvis aura cent coudées de long, cinquante de large et cinq de haut , SACI , Bible, Exode, XXVII, 18
Dans un des parvis aux hommes réservé, Cette femme superbe entre le front levé , RAC. , Athal. II, 2
3Au plur. Les parvis, vestibule, enceinte.
De ses parvis sacrés [du temple] j'ai deux fois fait le tour , RAC. , Athal. III, 7
De tout son corps pressant les froids parvis, à ces accents le royal solitaire Mêle tout bas quelques voeux pour son fils , MILLEV. , Charlemagne à Pavie, ch. VI
On dirait qu'à ces lieux ta vue accoutumée Les connaît autrement que par la renommée ; Tout à l'heure tes pas des miens étaient suivis ; Je t'observais surtout dans ce prochain parvis Où des rois mes aïeux les armes sont rangées , P. LEBRUN , Ulysse, III, 2 Les célestes parvis, le ciel.
XVIe s.
Bien-heureux est celui que tu as esleu, Seigneur : il habitera en tes parvis , CALV. , Instit. 740
Bas-lat. parvisius, paravisus ; napol. paraviso ; de paradisus, pris, dans le moyen âge, pour l'espace laissé devant une église, du lat. paradisus, paradis (ancienne forme paraïs, d'où paravis, parvis) ; ainsi dit, parce que, dans la représentation des mystères, qui, à l'origine, se jouaient devant les églises, ce lieu figurait le paradis (voy. PARADIS). PARVIS. - HIST. Ajoutez : XIIe s.
En cel parevis parmei cui hom vat à la glise del bieneurous Laurent , li Dialoge Gregoire lo pape, 1876, p. 212