PANTIN

Prononciation : pan-tin
Nature : s. m.

1Figure de carton coloriée qu'on met en mouvement au moyen de fils.
On y a vu [sur le théâtre d'Athènes] dans un même jour une pièce d'Euripide, suivie d'un spectacle de pantins , BARTHÉL. , Anach. ch. 70
De leur humeur mélancolique Ils [les noirs] sont tirés par des pantins , BÉRANG. , Nègres.
2Fig. et familièrement. Homme qui gesticule sans motif et ridiculement. C'est un vrai pantin. 3Fig. Personne que l'on fait agir comme on veut.
Parce qu'il court et va partout [l'homme], Ce pantin se croit libre , BÉRANG. , Marionn.
C'est un homme aussi complétement nul qu'il soit possible de l'être ; en un mot un vrai pantin libéral dont l'avocat Froidevaux fait jouer les fils , CH. DE BERNARD , le Gentilhomme campagnard, I, § X Individu qui flotte sans cesse d'une opinion à l'autre.
Qu'est-ce qu'un pantin ? un bonhomme de carton qu'on fait danser avec des fils. Or les filles et les garcons du petit village de Pantin près Paris ont eu pendant longtemps la réputation d'exceller à la danse, comme le témoignent ces vers d'une ancienne chanson : Ceux de Pantin, de Saint-Ouen, de Saint-Cloud Dansent bien mieux que ceux de la Villette ; Ceux de Pantin, de Saint-Ouen, de Saint-Cloud Dansent bien mieux que tous ceux de chez nous. N'est-il pas permis de croire, d'après ce vers, que les petits bonshommes de carton ne se sont appelés des pantins que par allusion au talent que les habitants de Pantin avaient pour la danse ? Journal de Barbier, dans Journal des Demoiselles article de M. H. de Viel-Castel, janvier 1864.