NEUME

Prononciation : neu-m'
Nature : s. f.

1Terme de plain-chant. Courte mélodie, qui est une sorte de récapitulation du mode dans lequel on vient de chanter, et qui se vocalise, sans paroles ou sur la dernière syllabe du dernier mot, à la fin des antiennes. Dans les églises où il y a des orgues, on touche de cet instrument aux fêtes annuelles et solennelles, soit majeures, soit mineures, au lieu de la neume, L'ABBÉ LEBEUF, Traité sur le chant ecclés. p. 242.
À Sens on a des neumes, non-seulement pour les antiennes, mais aussi pour les répons , POISSON , Traité du plain-chant, p. 359
2S. m. pl. On désigne ainsi aujourd'hui les signes qui servaient au commencement du moyen âge à noter le plain-chant, et qu'on a employés, d'abord seuls, puis échafaudés sur et entre les lignes de la portée. Les notes actuelles du plain-chant ne sont, en réalité, que ces mêmes neumes, transformés, simplifiés et dénaturés par un long usage. Les signes de la notation en neumes étaient très nombreux et pouvaient varier en quelque sorte au gré de chaque copiste, suivant sa manière de grouper les sons et de lier les signes, F. DANJOU, Revue de musique relig. popul. et classique, numéro d'août 1847. Le mot neume est parfois, mais rarement, employé au singulier dans le sens dont il s'agit ici. XIVe s.
Neumes, emission de voix, modulation , DU CANGE , pneuma.
Le grec se traduit par, souffle (voy. PNEUMATIQUE). De souffle le sens a passé à émission de voix, et s'est particularisé en une sorte de chant. Le p de pneuma s'est perdu dans l'articulation romane. Terme de musique. Noté en neumes, en parlant d'un manuscrit. Antiphonaire, missel, graduel neumé. On trouve même quelques exemples du verbe neumer.