NASARD

Prononciation : na-zar ; le d ne se prononce et ne se lie jamais

1Adj. Qui a le caractère du parler par le nez.
Lire d'un ton nasard , SAINT-AMANT , dans RICHELET
2S. m. Un des jeux de mutation de l'orgue. C'est un jeu des plus doux, des plus flûtés et des plus agréables de l'orgue, et l'on ne concevrait pas qu'on lui eût donné le nom qu'il porte, si l'on ne considérait pas le rôle qu'il joue dans la composition du cornet dont il est une des parties les plus caractéristiques ; on sait que la voix, pour être pure et d'une belle qualité, doit s'échapper en partie par les fosses nasales, et au contraire, qu'elle a un timbre désagréable lorsqu'elle n'y passe point ; c'est donc très improprement que pour la caractériser dans ce dernier cas, on se sert de l'expression chanter du nez.
Ce qui se passe à l'égard de la voix, a lieu quant à l'effet produit par le jeu du cornet : si on le joue sans le nasard, il rend un son analogue à celui d'une personne qui chanterait en se pinçant le nez ; mais, lorsqu'on l'ajoute, le son prend un autre caractère et s'éclaircit comme la voix, lorsqu'on lui donne un libre passage par les fosses nasales ; il y a donc lieu de croire que c'est par analogie avec ce phénomène, qu'on a donné le nom de nasard au jeu de quinte dans la composition du cornet, et non parce qu'il aurait un timbre nasillard , RORET , Manuel du fact. d'orgue, III, p. 560
Lat. nasus, nez.