NARRER

Prononciation : na-ré
Nature : v. a.

Exposer avec soin et détail, faire connaître par une narration.
Je vous remercie de la peine que vous avez prise de narrer cette folie ; c'est un style que vous n'aimez pas, mais il m'a bien réjouie , SÉV. , 215 Absolument.
Elle [cette lettre] narre sans narrer ; elle éclaircit les affaires du monde les plus embrouillées , PASC. , Réponses aux deux premières lettres
Je suis fâchée de vous le dire, car vous n'aimez point cela, mais vous narrez très agréablement , SÉV. , 52
Faites-vous envoyer promptement les Fables de la Fontaine ; elles sont divines.... c'est une manière de narrer et un style à quoi on ne s'accoutume point [dont on ne se lasse pas] , SÉV. , à Bussy, 20 juillet 1679
Peut-on mieux narrer que M. Pellisson ? quelle naïveté jointe à un art infini ! , D'OLIVET , Hist. Acad. t. II, p. 281, dans POUGENS
Me voici dans un de ces moments critiques de ma vie où il est difficile de ne faire que narrer, parce qu'il est presque impossible que la narration même ne porte empreinte de censure ou d'apologie , J. J. ROUSS. , Confess. VIII
NARRER, RACONTER. Raconter, c'est rendre compte et il ne signifie faire un récit que par un détournement de sens. Au contraire narrer est l'expression directe. La nuance que l'usage a mise est que narrer se rapporte plus que raconter à l'habileté et au détail avec lequel le fait est exposé. XVIe s.
L'empereur les en reprit par une affiche publique, en laquelle estoit narré, que Tigellius ne vivroit plus gueres, à cause qu'il estoit malade de phtisie , AMYOT , Galba, 21
Matiere forte et attirante à discourir et à narrer , MONT. , IV, 61
Provenç. et espagn. narrar ; du lat. narrare. Paul Diacre nous apprend que l'ancienne forme de narrare est gnarigare, de gnarus et agere, rendre connaissant ; le g est tombé comme dans noscere pour gnoscere.