MUNIR

Prononciation : mu-nir
Nature : v. a.

1Pourvoir, garnir de ce qui est nécessaire à la défense ou à l'approvisionnement de lieux de guerre.
Vous pouvez cependant faire munir ces places , CORN. , Nicom. II, 3
Gand tombe avant qu'on pense à le munir , BOSSUET , Marie-Thérèse.
D'une première vue il découvre un passage assuré pour le secours [d'une ville assiégée] aux endroits qu'un ennemi vigilant n'a pu encore assez munir , BOSSUET , Louis de Bourbon. Par extension. On le munit d'un passe-port, de recommandations.
Saint Charles Borromée examinait lui-même les pièces qu'on jouait à Milan ; il les munissait de son approbation et de son seing , VOLT. , Dict phil. Police des spectacles
2Se munir, v. réfl. Se pourvoir, être pourvu.
Ne se pouvant munir encontre tant de maux , RÉGNIER , Sat. XI
Borée et le soleil virent un voyageur Qui s'était muni par bonheur Contre le mauvais temps , LA FONT. , Fabl. VI, 3
Ils [les conquérants, les politiques] se seront munis de tous côtés par des précautions infinies.... , BOSSUET , Duch. d'Orl.
Trouvez-vous ce soir devant les Chartreux, et munissez-vous de deux pistolets , GENLIS , Veillées du château t. I, p. 311, dans POUGENS Se munir de patience, se préparer à supporter avec résolution, avec courage.
Dans les maux violents, le coeur se munit de toute sa constance , FLÉCH. , Mme de Mont.

Un roy ne peult avoir forteresse plus forte ne plus munie que l'amour, la foy et la bienveillance des hommes , AMYOT , Arat. 60
Sans labourage, nature nous avoit munis à planté de tout ce qu'il nous falloit , MONT. , II, 163
Alors l'ichneumon munit son corps, l'enduict et le crouste tout à l'entour de limon , MONT. , II, 164
Lat. munire, pourvoir, fortifier ; d'un radical moin qui appartient à la langue de l'ancienne Italie : moenia, muraille ; osque, moinico, commun, public ; anc. lat. municus, même sens ; radical qui se trouve aussi dans com-munis, commun. La racine de moenia, munera, munire, est le sanscrit mû, lier. Munire est le dénominatif de munus.