MOYEU

Prononciation : mo-ieu ; plusieurs disent moi-ieu
Nature : s. m.

1Partie centrale de la roue où s'emboîtent les rais, et par où passe l'essieu.
Mais de ce que les moyeux des roues de votre carrosse auront pris feu, s'ensuit-il que votre carrosse n'ait pas été fait expressément pour vous porter d'un lieu à un autre ? , VOLT. , Dict. phil. Causes finales.
2Terme de treillagiste. Morceau de bois dans lequel sont placées les tiges des fleurs. Au plur. Des moyeux. XIIe s.
....Est en un fanc [bourbier] entré ; Trusqu'as moieus i est li chars entrez , Li charrois de Nymes, V. 1005
Aissels i out e rais e jantes e muiels , Rois, p. 255
XVIe s.
Moi qui suis assis dans le moyau de tout le trouble des guerres civiles de France , MONT. , II, 52
Moiau , COTGRAVE ,
Prov. moiol, muiol ; du lat. modiolus, moyen, diminutif de modius, qui a donné l'italien mozzo, moyen. Modiolus est un diminutif de modius, boisseau, par assimilation de forme, et modius tient au radical sanscrit mâ, mesurer (voy. MODE 1). Terme qui vieillit. Le jaune d'un oeuf. Prenez quatre moyeux. XIIIe s.
Cole vitrine ki est samblans à mouiuex d'ues [oeufs] , ALEBRANT , f° 15
Li mioel sont caut [chauds] et moiste tempréement , ALEBRANT , f° 63
XIVe s.
Moieuf de euf , DU CANGE , modiolus.
XVe s.
Neant plus que le my-oeuf de l'oeuf ne peut sans la glaire ni la glaire sans le mi-oeuf, neant plus ne peuvent les seigneurs et le clergé l'un sans l'autre , FROISS. , II, III, 27
XVIe s.
Fouaces faictes à beau beurre, beaulx moyeulx d'eufz , RAB. , Garg. I, 32
Berry, mojette d'un oeuf ; provenç. moiol, muiol, mugol. La forme ancienne est mioel, semblable à la forme provençale. Diez y voit le latin mytilus, corrompu en mútulus, ou, d'une façon plus romane, mutolus, la moule jaune et renfermée dans une écaille ayant donné son nom au jaune d'oeuf renfermé dans une coquille ; c'est ainsi que les Latins le nomment vitellus, le petit veau. Scheler le croit dénommé de sa situation intérieure, et rattache moyeu au latin fictif mediolus, dérivé de medius, qui est au milieu. Mais il ne faut pas sortir du mot tel qu'il est donné ; en la forme, il est identique avec le moyeu de roue, aussi bien dans l'ancien français que dans le provençal, et il aura été ainsi nommé par assimilation de figure arrondie et de situation centrale. Toutefois, au XIVe siècle et au XVe, il se créa, soit par altération et fausse interprétation du mot ancien, soit par formation nouvelle, le mot moieuf, mi-oeuf, qui évidemment veut dire oeuf du milieu, partie centrale de l'oeuf. Sorte de prune confite. Un pot de moyeux.
Songez à vos moyeux pour Provence , SÉV. , 22 déc. 1675
Origine inconnue. 3. MOYEU. - ÉTYM. Ajoutez :
En Normandie, un moyeu est un noyau de cerise, d'abricot, de prune , DELBOULLE , Gloss. de la vallée d'Yères, p. 235 La prune confite aura été dite moyeu par comparaison avec un noyau ; le noyau aura été dit moyeu parce qu'il est rond et occupe le centre (voy. MOYEU 2 à l'étymologie).