MON

Prononciation : mon
Nature : particule adv.

qui sert à affirmer, à interroger ; elle est tout à fait inusitée.
Ardez, voire, c'est mon , RÉGNIER , Sat. X
M. Jourdain : Lorsque je hante la noblesse, je fais paraître mon jugement ; et cela est plus beau que de hanter votre bourgeoisie. - Mme Jourdain : Çà mon vraiment, il y a fort à gagner à fréquenter vos nobles , MOL. , Bourg. gent. III, 3
XIIe s.
E ceaus [ceux] qu'um ne purra aveir ne asembler, Lur mesage od lur letres i deivent faire aler, Saveir mun s'il voldrunt cel sacre graanter [octroyer] , Th. le mart. 127
XIIIe s.
Li rois apela celi prince, et li dit : tu es revenu de l'ost des Tartarins, et il repondit : Sire, ce sui mon , JOINV. , 264
Aus chevaliers la montre et dit : Vez, voi ci le plus hardi home Qui soit d'Illande jusqu'à Rome ; Il a plus cuer que un lion. Cil respondent que ce a mon , MÉON , Nouv. rec. I, 253
À folie me font entendre ; à folie, voir, ce font mon, Car je n'i voi nule raison , la Manekine. V. 458
XVIe s.
Respondez-moi, veu ceste foy constante, à sçavoir-mon, s'il nous laisse au besoing ? , MAROT , I, 304
Tu estimes bien ce qui sert, et non pas ce qui nuit. - Ce fay mon, dit Critobule , LA BOÉTIE , 109
Origine incertaine. On a indiqué la particule grecque et la particule de l'ancien scandinave mun ; suédois, monne ; mais ces particules sont dubitatives, interrogatives, et mon est affirmatif. Diez émet une conjecture ingénieuse et plausible : il suppose que mon répond à l'adverbe latin munde (munde ayant donné mon, comme mundus avait donné mont) ; de sorte que mon signifierait purement, certainement.