MIGRAINE

Prononciation : mi-grè-n'
Nature : s. f.

Douleur qui occupe la moitié ou une moindre partie de la tête, particulièrement la région des tempes et des orbites, qui revient par accès, et qui se complique souvent de trouble des fonctions gastriques, mais qui n'est accompagnée d'aucun danger.
Mme de Maintenon avait la migraine , SÉV. , 437
Ces migraines ne méritent pas l'inquiétude que vous en avez ; c'est le seul tribut que mon tempérament paie à la nature , MAINTENON , Lett. à M. d'Aubigné, 25 juin 1682
Cette migraine-là vient bien subitement ! C'est moi qui l'ai donnée indubitablement , DESTOUCHES , Glor. II, 6
[La caverne où] La déesse aux vapeurs a choisi son séjour ; Les tristes aquilons y sifflent à l'entour, Et le souffle malsain de leur aride haleine Y porte aux environs la fièvre et la migraine , VOLT. , Dict. phil. Pope. Fig.
Rien qu'à voir mousser le champagne, Déjà la migraine le gagne , BÉRANG. , Deo gratias.
XVe s.
Pour mon costé crie hahay Maintes fois, et à l'aventure Une migraine ou [au] chief aray [j'aurai] , E. DESCH. , Poésiès mss. f° 442
XVIe s.
La fiebvre, la micraine et la goutte l'espargnent elles [un roi] non plus que nous ? , MONT. , I, 328
Migraine est proprement quand la douleur ne tient que la moitié de la teste, dextre ou senestre , PARÉ , XV, 4
La douleur inveterée de teste et micrane se guerit par.... , O. DE SERRES , 896
Espagn. migraña ; ital. emigrania, magrana ; du lat. hemicranium ; terme grec dérivé de demi, et mot grec signifiant crâne. Ancien nom de la grenade et d'une sorte d'engin de guerre. XVIe s.
Les aultres apprestoyent catapultes, micraines, potz, cercles et lances à feu , RAB. , Pant. III, Prol.
Mille, graines ; provenç. milgrana, grenade. Au Mans, on nomme migrenon, migrognon, la baie de l'églantier, qui renferme une grande quantité de graines. MIGRAINE. Ajoutez : Arbre à la migraine, le premna scandens, L., BAILLON, Dict. de botan. p. 257.