MATRONE

Prononciation : ma-tro-n'
Nature : s. f.

1Dame romaine. 2Par extension, femme âgée et respectable.
Je ne veux pas faire comme toi la matrone à vingt-huit ans ; je me trouve une petite veuve assez piquante , J. J. ROUSS. , Hél. IV, 2
Le seigneur, le curé et le juge du village s'asseyaient avec les fortunés époux, les laboureurs et les matrones , CHATEAUBR. , Génie, I, I, 10
Au hasard alors ces matrones [les Parques] Faisant deux lots de notre temps , BÉRANG. , Contemp.
3Femme qui pratique les accouchements.
Après cette leçon de matrone, je vous ferai mille compliments de la part de Chesières , SÉV. , Lett. 6 sept. 1671 Sage-femme nommée par les tribunaux, dans certains procès, pour visiter les femmes.
Y a-t-il un médecin, une matrone experte, qui puisse assurer qu'un jeune homme.... , VOLT. , Dict. phil. Impuissance.
4Dans le langage libre, femme qui tient une maison de prostitution. XIIIe s.
Honurez la, cum à si bone Apent e si haute matrone , Édouard le Conf. V. 3885
XIVe s.
En la compaignie de plusieurs matrones , BERCHEURE , f° 66
Le marquis commanda que par les dames et matrones la pucelle fust revestue de riches draps et paremenz de nopces , Ménagier, I, 6
XVe s.
Et sces tu qu'il faut aux matrones Nobles palais et riches trones ? , E. DESCH. , Miroir de mariage, p. 20
Lors regarde en l'air et voit que c'estoient toutes vieilles matrosnes barbues et eschevelées qui menoient le plus lait deduyt qu'on ne pourroit ouïr, et tenoient en leurs mains scelettes et bourdons , Perceforest, t. II, f° 14
Provenç. espag. et ital. matrona ; du lat. matrona, dérivé augmentatif de mater, mère. MATRONE. - HIST. XIVe s. Ajoutez :
Tout maintenant et sans delay, Par Dieu qui siet lassus ou thronne [ciel], Alez me querre la mathronne [sage-femme] De ceste ville , Miracles de Nostre Dame par personnages, publiés par G. Paris et A. Robert, t. I, p. 92