MATELAS

Prononciation : ma-te-lâ ; l's se lie : un ma-te-lâ-z épais
Nature : s. m.

1Grand coussin, piqué d'espace en espace, qui est rempli de laine, de bourre, de crin, ou même d'air, et qui fait partie des lits. Un bon, un mauvais matelas. Coucher par terre sur un matelas. Étouffer entre deux matelas, faire périr par suffocation entre deux matelas. Il est de tradition qu'à une certaine époque, on étouffait ainsi les personnes devenues enragées à la suite d'une morsure, soit pour abréger leurs souffrances, soit pour se préserver de l'envie de mordre qu'elles témoignent parfois.
Que dites-vous de la peinture que ma mère vous fait des femmes qu'il faudrait étouffer entre deux matelas ? , CH. DE SÉVIGNÉ , dans SÉV. 28 août 1680
2Petit coussin piqué qu'on met aux deux côtés d'un carrosse. 3Par extension, ce qui sert de protection en jouant le rôle de matelas. Ses habits firent matelas, et le coup ne pénétra pas. Un matelas de graisse protége cette partie. XIIIe s.
Ainçois li convint gesir, tant que nous fumes en Acre, sur les materas que le soudanc li avoit baillez , JOINV. , 252
XVe s.
Si ne vestent chemises, et sans langes Gisent de nuit, n'ont pas coutes à franges, Mais materas Qui sont couverts de beaulz tapis d'Arras , CHRIST. DE PISAN , Dit de Poissy.
Estoit par dessus la figure du dit roy, dont la representation estoit couchée sur un materas ou mathelas , J. CHARTIER , Hist. de Charles VII, p. 319, dans LACURNE
XVIe s.
Il se leva et s'en alla l'espée nue en la main au lict où souloit coucher Pompeius, et donna plusieurs coups de poincte dedans les matterats , AMYOT , Pomp. 6
Elle [la vertu] sçait estre riche, et puissante, et sçavante, et coucher dans des matelats musquez , MONT. , I, 177
Wallon, matera ; picard, materas ; provenç. almatrac ; espagn. et portug. almadraque ; catal. matalas ; ital. materasso ; bas-latin, materacium, mataritium, almatricium ; de l'arabe al matrasha, couverture dont on garnit les bêtes de somme. Le préfixe al indique une source arabe. MATELAS. - HIST. Ajoutez : XIVe s.
Quatre pieces et demie de cendaulx larges, vermaulx, pour faire un martras pour nous.... pour cinq alnes de cendail en graine pour l'orillier du dit martras , Mandements de Charles V, 1377, Paris, 1874, p. 731