MAQUIGNONNER

Prononciation : ma-ki-gno-né
Nature : v. a.

1Faire paraître un cheval meilleur qu'il n'est afin de le vendre plus cher. Par extension, il se dit quelquefois des personnes qui veulent paraître plus jeunes qu'elles ne sont.
....On la décrassait en ce lieu, on lui adoucissait la peau, on la blanchissait, on la parfumait ; en un mot, on y maquignonnait une Cendrillon, comme on prépare un riche cheval , la Gazette noire, 1749, in-8°, p. 99, dans FR. MICHEL, Argot
2Fig. Trafiquer, d'une façon indélicate, d'emplois, de mariages, d'affaires.
Il est accusé d'avoir abusé du tribunal de la pénitence, pour maquignonner un mariage , BACHAUMONT , Mém. t. XXXII, p. 277
3Se maquignonner, v. réfl. Être maquignonné, être l'objet de quelque maquignonnage.
Le cardinal Antoine sera archevêque de Reims, et M. de Nemours, quittant cet archevêché, épousera la fille de M. de Longueville ; ainsi tout se prend, tout se vend ou se maquignonne , GUI PATIN , Lettres, t. II, p. 232
XVIe s.
Voici qu'on vous monstrera aussi tost au doigt comme celuy qui maquignonneroit les enjolemens de nos genetliaques [diseurs de bonne aventure] , CHOLIÈRES , Contes, t. I, Matinée 7, p. 190, dans POUGENS
Maquignon.