MAQUEREAU

Prononciation : ma-ke-rô
Nature : s. m.

1Poisson de mer à plusieurs fausses nageoires sur la queue et tacheté de diverses couleurs (scomber vulgaris, scomber scombrus, L.), dit aussi auriol, aurion sur les côtes de la Méditerranée ; il arrive en grandes troupes annuellement des contrées du nord. Le nom de groseilles à maquereau vient de l'usage d'employer ces fruits comme condiment de ce poisson. Maquereau chevillé, maquereau qui cesse d'être plein après avoir déposé ses oeufs, et dont la chair a perdu une grande partie de ses qualités. Maquereau bâtard, le saurel, poisson huileux des côtes de Normandie et de Picardie (caranx trachurus). 2Taches qui viennent aux jambes quand on s'est chauffé de trop près (éphélides ignéales). XIIIe s.
Tout le maquerel et tout le harenc qui vient à Paris doit estre vendus à conte , Liv. des mét. 270
XIVe s.
Aiez un maquerel frais et decoupez par tronçons , Ménagier, II, 5
Se harens vueil [je veux], j'ai maquereaux , EUST. DESCH. , Miroir de mariage, p. 12
XVIe s.
Tes egnes [aines] et tes gigoteaux Sont marquetez de maquereaux , BAÏF , Passetemps, III, à Claudine.
Pic. macrieu ; bourg. maiquereà, le maquereau, macria, la groseille à maquereau. On trouve le flamand makreel, le danois makrel, l'anglais mackrell ; mais les germanistes disent que ces mots viennent du français. On donne la même origine au kimry macrell. On regarde maquereau comme formé du latin macula, tache, à cause des taches que présente ce poisson ; et alors maquereau serait pour maclereau. On trouve dans le champenois le mot maquet, maquereau, et Scheler s'en autorise pour rattacher maquereau à maca, radical hypothétique du latin macula, radical qu'il trouve dans macquer. En définitive, l'origine du mot maquereau reste douteuse.