MANDARIN

Prononciation : man-da-rin

1S. m. Titre que l'on donne aux officiers civils et militaires de la Chine et qui est étranger à la langue chinoise. Arbre des mandarins, arbre propre à la Cochinchine, du port et de l'aspect de nos tilleuls et donnant une sorte de grenade blanche à pulpe granulée et miellée. 2Adj. Le dialecte mandarin, la langue mandarine, nom donné à la langue actuellement parlée et écrite en Chine par les classes cultivées. Mot portugais, que les uns tirent du latin mandare, mander, ordonner, et que les autres regardent comme un mot indien corrompu du sanscrit mantrin, conseiller, ministre ; cette dernière étymologie est plus probable. MANDARIN. Ajoutez : 3Canard mandarin, canard originaire de Chine, à beau plumage. 4Fig. Tuer le mandarin, commettre une mauvaise action, dans l'espérance qu'elle ne sera jamais connue. Cette locution provient de cette phrase-ci attribuée à J. J. Rousseau par Balzac et Protat, voy. Courrier de Vaugelas, 1er oct. 1876, p. 66 : S'il suffisait, pour devenir le riche héritier d'un homme qu'on n'aurait jamais vu, dont on n'aurait jamais entendu parler, et qui habiterait le fin fond de la Chine, de pousser un bouton pour le faire mourir, qui de nous ne pousserait ce bouton et ne tuerait le mandarin ? Le même Courrier de Vaugelas cite une phrase très analogue de Chateaubriand : Je m'interroge, je me fais cette question : si tu pouvais, par un seul désir, tuer un homme à la Chine et hériter de sa fortune en Europe, avec la conviction surnaturelle qu'on n'en saurait jamais rien, consentirais-tu à former ce désir ? Génie du christ. 1re part. VI, 2.